samedi 31 juillet 2021

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Covid-19 : le CHU de Toulouse accueille des patients de plus en plus jeunes

Après une diminution notable des hospitalisations pour cause de Covid-19, la situation sanitaire semble se stabiliser en Occitanie, selon le CHU de Toulouse. Et la campagne de vaccination paraît également efficace puisque la prise en charge des plus âgés est en net recul. Conséquence : les patients admis pour Covid-19 sont de plus en plus jeunes, et présentent désormais des formes graves de la maladie.

Au CHU de Toulouse, des essais prometteurs pour les victimes d’infarctus

3 150 patients atteints du Covid-19 ont été pris en charge par le CHU de Toulouse en un an, soit depuis le début de la pandémie. De manière plus ou moins importante, ils ont occupé les lits du service de réanimation, imposant au centre hospitalier une réorganisation constante, quasi hebdomadaire. Le mois dernier encore, le pic du nombre de malades positifs au coronavirus accueillis au CHU atteignait celui de la première vague, soit 184 patients. « Depuis, nous redescendons par plateau », observe Marc Penaud, directeur de l’établissement. En ce vendredi 19 mars, ce dernier compte toujours 120 personnes hospitalisées dans sa structure, dont 31 en réanimation.

Vaccination et traitements

Parallèlement, le CHU participe à la campagne de vaccination. Les soignants y ont pratiqué plus de 30 000 injections depuis le début de l’opération. Parmi celles-ci, des doses du controversé vaccin AstraZeneca, actuellement mis hors-circuit par les autorités sanitaires. « Ce qui, finalement, n’a eu que peu d’impact puisque la majorité des personnes vaccinées l’ont été avec le produit du laboratoire Pfizer », précise Marc Penaud. D’ailleurs, « l’utilisation du produit AstraZeneca ne devrait plus tarder à être ré-autorisée », estime Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses au CHU. Ce dernier rappelle qu’il n’existe, à l’heure actuelle, aucun argument démontrant qu’il serait moins efficace que les autres vaccins, notamment sur le variant anglais, qui représente 83% des tests PCR positifs.
Une nouvelle arme thérapeutique vient également de parvenir au CHU de Toulouse : un traitement en bithérapie par anticorps monoclonaux. Il est administré, en perfusion, aux sujets positifs au Covid-19, présentant des risques de développer des formes graves de la maladie.

Rajeunissement des malades du Covid-19

Ainsi, la campagne de vaccination semble porter ses premiers fruits, puisque de moins en moins de personnes âgées sont admises au CHU pour cause de Covid-19. Ce qui a pour conséquence de rajeunir considérablement le public hospitalisé. « Les patients accueillis lors de cette troisième vague ont en moyenne entre 50 et 60 ans, et font partie de la population active », confirme Béatrice Riu-Poulenc, du service réanimation du centre hospitalier. Sans en affirmer le lien probant, elle évoque une possible explication : le relâchement de l’attention quant aux gestes barrière. Elle constate également de plus en plus de formes sévères de la maladie, avec nécessité d’intubation, sur ces nouveaux profils. Des malades qui ne présentent aucun signe de comorbidité.

Une détresse psychologique alarmante

Du côté du service pédiatrique, on ne relève toujours pas de signes d’une quelconque épidémie chez les enfants. Quelques cas positifs, quasi exclusivement du variant anglais, sur des nourrissons mais rien d’inquiétant, affirme-t-on au CHU. En revanche, Isabelle Claudet, responsable des urgences pédiatriques, s’alarme du nombre important d’hospitalisations pour cause de détresse psychologique liée au restrictions sanitaires. « Nous prenons en charge une vingtaine d’enfants par semaine pour cette raison. Sans compter ceux que nous voyons en ambulatoire », observe-t-elle. C’est quatre fois plus qu’en temps normal. De jeunes patients qui présentent essentiellement des troubles de l’alimentation comme l’anorexie. Mais, de plus en plus, « nous hospitalisons des enfants pour des tentatives de suicide », précise-t-elle. Des séquelles dont elle est certaine du lien avec les mesures anti-Covid et qui, selon elle, ne sont pas prêtes de diminuer. Au contraire.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
 

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