Philippe Robardey : « Construire un projet d’avenir pour favoriser la performance du territoire »

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PROPOSITIONS. Les Medef Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ont identifié les priorités en matière d’économie à mettre en place avant la fusion des régions. Philippe Robardey, président du Medef Midi-Pyrénées, interpelle les candidats.

 

Philippe Robardey, par votre voix, ce sont les entreprises qui s’expriment. Quelle est leur volonté ?

Elles souhaitent occuper le champ de l’économique puisque les régions se sont vues, au fil des années, donner une responsabilité en matière économique de plus en plus importante. Nous entendons donc interpeller l’exécutif au niveau régional quant aux actions qu’ils peuvent mener dans ce domaine. C’est parce que nous sommes les acteurs économiques que nous souhaitons nous faire entendre, nous sommes légitimes.

Les Medef Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ont travaillé de concert pour isoler quelques propositions afin d’assurer la croissance économique de la nouvelle région, quelles sont-elles ?

D’abord, construire un projet d’avenir pour favoriser la performance du nouveau territoire en matière d’économie et d’emploi, et ainsi réussir l’intégration de la nouvelle région sans s’arc-bouter sur la vision passéiste des deux anciennes. Pour cela, il faudra privilégier les investissements et maîtriser les budgets de fonctionnement, amorcer une réduction structurelle des dépenses publiques pour réduire la dette, assurer la cohérence régionale des investissements. A court terme, il est également vital que le processus de fusion ne génère pas de blocage des commandes publiques et des travaux programmés ou en cours. Il sera nécessaire d’associer les entrepreneurs au plus haut niveau de la démarche globale, et de veiller au respect de l’équilibre entre les territoires, les agglomérations et les métropoles.

Et en matière de déplacements ?

Investir dans des infrastructures et des équipements de qualité pour assurer l’attractivité et favoriser le développement des entreprises. Au niveau infrarégional, une politique des transports doit être menée avec des tarifs privilégiés pour faciliter les déplacements entre Toulouse et Montpellier. De même, il faut accompagner le développement de zones économiques et parachever la connexion du territoire au haut débit. Au niveau interrégional, il est nécessaire de concrétiser le plan de financement de la LGV Bordeaux-Toulouse et de mailler le réseau des villes intermédiaires en modernisant les routes nationales. Et au niveau international, il faut assurer la traversée routière des Pyrénées vers Barcelone via l’E9 et développer les aéroports régionaux.

« Le nom d’Occitanie pour la nouvelle région reste trop local, nous avons pensé plutôt à Sud de France »

Des propositions organisationnelles…

Mettre en synergie les atouts et leviers de la nouvelle région. Nous voulons que les enjeux majeurs qui concernent les secteurs aéronautiques, biomasses et biotechnologies, agroalimentaires, les infrastructures ferroviaires et routières, numérique, R&D… soient accompagnés et mutualisés. Cela doit se faire avec le développement d’un lien avec les régions Aquitaine et PACA pour renforcer l’axe Sud.

… Mais aussi pour créer un environnement propice à la création d’entreprises ?

En favorisant l’esprit entrepreneurial, en intensifiant les liens entre la recherche et les entreprise avec un appui sur les pôles de compétitivité, une aide des PME-TPE pour la veille technologique et la prospective et en rendant l’environnement fiscal plus favorable. Il faut également maintenir les contrats d’appui aux entreprises qui sont une réussite et créer un fonds à l’échelle régionale à hauteur d’au moins 500 millions d’euros pour apporter des fonds propres aux entreprises du territoire.

Nous souhaitons donc une véritable stratégie d’appui aux entreprises : plus de 737 aides ont été recensées en Languedoc-Roussillon ce qui est totalement illisible. Il convient donc de mettre en place un portail internet regroupant l’ensemble des dispositifs et de clarifier les compétences de tous les opérateurs.

Pour dynamiser la compétitivité vous pensez notamment à mettre en œuvre une politique régionale de formation…

Elles doivent être ciblées en fonction des besoins des entreprises, être développées en partenariat avec les partenaires sociaux et inclure la compétitivité à l’international en développant par exemple les stages Erasmus. En d’autres termes, il faut être capable de remettre en cause les formations pour les adapter aux besoins du marché. D’ailleurs nous pensons qu’il faut donner une priorité à l’international et donc à l’export. Pour cela, il faut notamment renforcer l’image de la région au niveau national et international en créant des marques visibles et utilisables à l’étranger : le nom d’Occitanie pour la nouvelle région reste trop local, nous avons pensé plutôt à Sud de France. Il faudra donc renforcer l’identité du nouveau territoire pour développer son attractivité et sa compétitivité.

Pour finir, le Medef souhaite un soutien sectoriel…

Au-delà des filières aéronautiques et viticoles, il faut soutenir le secteur du bâtiment et des travaux publics, fédérer et développer la filière santé, ainsi qu’accentuer les initiatives allant dans le sens du développement durable et de la promotion de la richesse du patrimoine naturel. Nous allons ensuite rencontrer tous les candidats pour leur faire part de toutes ces considérations et espérons qu’elles seront prises en compte.

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