Quelle ”merveille de l’univers” pouvait-on admirer à Toulouse ?

La légende raconte que ses adorateurs venaient de loin pour l’admirer. Et que la déception de ceux qui n’avaient pu satisfaire leur curiosité engendrait, parfois, de véritables émeutes. Mais quelle était donc cette ”merveille de l’univers” qui fut « l’honneur de Toulouse et de son siècle » ?

Bureau des questions existentielles BellePaule

Au XVIe siècle, Toulouse pouvait s’enorgueillir d’accueillir au sein de ses remparts une « merveille de l’univers », selon les mots attribués au connétable Montmorency, l’un des hommes les plus puissants du Royaume. Mais quel était ce joyau dont le souvenir ne perdure que dans les mémoires de quelques érudits locaux ? Un grandiose édifice religieux disparu ? Une œuvre d’art égarée ? Et bien, non. C’est à une jeune dame, issue d’une famille de respectables marchands, que le galant officier décerna ce titre élogieux. Plus connue sous le surnom de la “Belle Paule”, la Toulousaine Paule de Viguier était d’une allure si parfaite qu’elle fit tourner la tête aux hommes de son temps comme aux historiens. Ces derniers confondant parfois légendes et faits avérés. On raconte notamment que son aimable sobriquet viendrait de sa rencontre avec François 1er. Lors d’une visite officielle en 1533, celle-ci aurait été chargée par les Capitouls de lui remettre les clés de la ville.

Après avoir été présentés et en découvrant les grâces inégalées de la jeune femme, le souverain se serait distinctement exclamé : « Ah, la belle Paule ! » Une anecdote peu crédible selon Lucien Remplon, ancien président de l’association des Toulousains de Toulouse. « Ses parents se marièrent en 1530. De cette union, devait naître deux fils et quatre filles, Paule était la quatrième de ces filles. Il est évident qu’à cette date, Paule n’était pas née », relève-t-il dans un article publié dans la revue “Auta”. Ainsi, les chroniqueurs de l’époque ne tarissent pas d’anecdotes et de commentaires difficilement vérifiables. La jeune femme était obligée, parait-il, de sortir couverte d’un châle pour ne pas être importunée. Et parce que, comme le prétendait la marquise de Coubet, « sur son chemin, les accidents étaient nombreux ». D’ailleurs, pour contenir la foule d’admirateurs qui assaillait sa maison et provoquait régulièrement des émeutes, les Capitouls lui auraient imposé par arrêté municipal de se présenter à son balcon au moins deux fois par semaine. Une décision qui, si elle est immortalisée par un tableau exposé dans la Salle des illustres au Capitole, n’apparaît nulle part dans les archives de la ville.

Enfin, la légende veut que la belle Toulousaine ait été inhumée dans le caveau de l’église des Cordeliers, connu pour ses exceptionnelles propriétés de conservation des corps. Cela jusqu’à ce que des dames, n’étant pas autorisées à y pénétrer, demandent à ce que ses restes soient remontés du caveau afin de pouvoir le contempler. Une opération fatale pour la dépouille qui serait tombée immédiatement en poussière. Une anecdote également démentie par les historiens qui attestent toutefois que plusieurs navires de la Marine nationale furent baptisés ”La Belle Poule” en son honneur.

2 Commentaires

    • C’est vrai ! La Belle Paule s’était mariée en secondes noces au Baron De Fontenilles. Elle avait été précédemment unie, sur décision de son père, au sire de Baynaguet. Merci de votre précision.

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