Voilà comment l’Occitanie veut devenir une région à énergie positive

PROSPECTIVE. C’est le fruit du travail d’une centaine d’experts pendant cinq mois. Une trajectoire à suivre pour qu’en 2050, l’Occitanie produise plus d’énergie renouvelable qu’elle n’en consomme. Un scénario atteignable mais ambitieux.

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Frédéric Scheiber

La feuille de route court sur les trois prochaines décennies et balaie tous les secteurs du territoire régional. De ce qui consomme de l’énergie (industrie, tertiaire, agriculture, transports, etc.), à ce qui en produit à partir de sources renouvelables (hydraulique, éolien, photovoltaïque, biomasse, etc.) : « Cette vision transversale est nécessaire, car c’est tout un écosystème qu’il faut faire évoluer », explique Agnès Langevine, vice-présidente de la Région Occitanie, déléguée à la transition écologique et énergétique. Elle dispose désormais d’une évaluation précise des efforts que chacun devra fournir : « Ce scénario sera une formidable aide à la décision. Il va permettre de savoir sur quelles politiques publiques mettre le paquet ! »

Pour tenir l’objectif de 2050, nous devrons réduire de 40% notre consommation d’énergie. La sortie du tout pétrole et le développement des transports collectifs propres sont impératifs. Ensuite, construire des bâtiments à très basse consommation ne suffira pas. Un programme massif de rénovation énergétique du parc de logements existants est nécessaire (50 000 à 70 000 par an) : « Sur une telle échelle, aujourd’hui, les régions ne savent pas faire… Car on ne pourra pas se contenter de distribuer des chèques aux ménages. Il faudra innover pour trouver les bons leviers financiers, techniques et juridiques », prévient Agnès Langevine.

D’ici 2050, la Région Occitanie devra aussi multiplier par trois sa production d’énergie renouvelable. Un objectif qui semble plus facilement atteignable, les gisements hydrauliques, éoliens et solaires occitans permettant de couvrir largement nos besoins en électricité. L’Occitanie pourrait même prendre une position de leader mondial dans l’éolien flottant ou le solaire photovoltaïque.

Ce scénario pour une Région à énergie positive exige enfin d’agir le plus tôt possible. Afin que les programmes d’urbanisme ou d’aménagement incluent, en amont, une très forte dimension énergétique. Mais aussi pour que l’on ne puisse pas faire marche arrière : « Il faut consolider ce scénario pour le rendre irréversible. Et il le sera parce qu’il est vertueux », assure Agnès Langevine. Selon les scénaristes, cette transition énergétique sera en effet à «multibénéfices». Elle permettra la création d’emplois durables, la diminution de la précarité énergétique et une synergie des compétences régionales.

C’est une étape décisive dans le combat que mène la vice-présidente déléguée à la Transition écologique : « Dans la politique, on peut avoir des engagements-slogans, qui sont sincères, mais restent déclaratifs. Quand on arrive à mettre à plat une telle trajectoire et à passer à l’action, alors cela devient vertigineux ! ».



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