Voici comment Iconem sauvegarde les sites historiques menacés

Palmyre (c) (2)
Ruines de Palmyre ©Iconem-DGAM

 

Invitée du forum Toulouse patrimoine d’avenir, la start-up française Iconem modélise en 3D les monuments détruits ou menacés de l’être. De Pompéi à Palmyre, une technologie unique au monde pour conserver la mémoire de notre patrimoine.

Explosion démographique, construction d’infrastructures, guerres : le patrimoine mondial n’a jamais été aussi menacé qu’aujourd’hui. Fondé par un ancien architecte et un ancien pilote d’hélicoptère, Iconem a mis au point un procédé de modélisation qui reconstitue fidèlement n’importe quel site en 3D. Il utilise des algorithmes très sophistiqués, un drone pour des prises de vue aériennes, et un maximum de documentation, témoignages du passé : « Pour le temple de Bel à Palmyre, en Syrie, on s’est servi de dizaines de milliers de clichés réalisés par des touristes », explique Khalila Hassouna, directrice du développement de la start-up.

Nous sommes les seuls à nous rendre sur ces sites en péril.”

La reconstitution du patrimoine syrien récemment détruit par Daesh, est bluffante. Iconem avait ainsi déjà fait revivre la cité antique de Pompéi, des sites archéologiques afghans, irakiens ou pakistanais. Des opérations de sauvetage à but non lucratif financées grâce à un fonds de dotation, par de grandes organisations comme la Banque mondiale ou l’Unesco, et par des instituts de recherche comme le CNRS : “Nous sommes les seuls à nous rendre sur ces sites en péril. Et ils sont tellement nombreux que nous aimerions bien avoir de la concurrence ”, lance Khalila Hassouna. Révolution pour les archéologues, Iconem leur permet de reconstituer facilement les éléments architecturaux ou les œuvres brisées, grâce à l’algorithme qui retrouve l’emplacement de chaque morceau.

Une copie 3D du Capitole

Par son savoir-faire, la start-up contribue aussi à la lutte contre le trafic d’œuvres d’art, les modélisations successives permettant de localiser les pillages : “Nous recoupons ensuite nos données avec celles recueillies sur le marché de l’art, pour identifier les œuvres qui ont été volées. Elles représentent une source de revenus importante des organisations terroristes.” Immersive, cette technologie peut enfin être utilisée au cinéma, dans des documentaires télévisés, des jeux vidéo ou lors d’événements touristiques ou culturels. Au sein des musées, par exemple : « C’est un outil ludique, formidable pour intéresser les jeunes au patrimoine. » Khalila Hassouna espère bien collaborer avec la Ville rose, notamment pour sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco : « On pourrait faire une copie 3D du Capitole et des magnifiques hôtels particuliers du centre-ville. C’est un patrimoine que l’on doit faire connaître au plus grand nombre. »

 



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