Que coûterait l’abandon du projet Val Tolosa ?

La dernière décision du tribunal administratif de Toulouse fait dire à ses détracteurs que le projet du centre commercial Val Tolosa ne verra jamais le jour. Quel serait l’impact financier d’un tel abandon pour les collectivités locales, les contribuables plaisançois et le promoteur Unibail-Rodamco-Westfield ? Le JT a commandé l’addition.

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Parmi les huit décisions judiciaires rendues en faveur des opposants au projet Val Tolosa ces dernières années, celle du tribunal administratif de Toulouse de ce vendredi 7 septembre apparaît comme la plus importante : « Il n’y a officiellement pas d’intérêt public majeur à ce projet. Même en cas d’appel, il est peu probable que la justice revienne là-dessus », explique Jutta Dumas, du collectif Non à Val Tolosa, plus confiante que jamais.
En attendant un proche dénouement, il est donc l’heure de faire les comptes de ce que chaque partie prenante a déboursé dans ce projet pharaonique censé, à terme, mobiliser 350 millions d’euros.
À commencer par la commune de Plaisance-du-Touch, qui accueille Val Tolosa sur le plateau de la Ménude : « C’est un projet privé, pas municipal ! Il ne coûte rien à la ville, qui n’a pas eu d’études ou de travaux à sa charge. Les aménagements déjà effectués ont été financés par le promoteur », assure Patrick Maury, directeur de cabinet du Maire Louis Escoula. Insistant au contraire sur ce que Val Tolosa pourrait rapporter à la commune par ses retombées fiscales, soit 40% de taxe foncière supplémentaire, trois millions d’euros par an. Élu d’opposition, Pascal Barbier calcule pourtant que « la ville a mobilisé, au fil des ans, plusieurs millions d’euros pour l’implantation du centre commercial. Cela va de la réfection d’une rue, aux travaux de renfort du système des eaux usées et pluviales, jusqu’à l’ajout d’une station d’épuration, surdimensionnée par rapport à la population plaisançoise. » Il accueillerait très favorablement le lancement d’un audit financier complet de l’opération.

Des terrains à 50 millions d’euros ?

« Val Tolosa est une solution de facilité pour remplir les caisses de Plaisance-du-Touch. Mais c’est une fausse solution, qui ne tient pas compte de son impact sur l’environnement et sur le petit commerce », regrette Jutta Dumas. Des magasins de proximité qu’Unibail-Rodamco-Westfield a accepté de soutenir à hauteur de 800 000 euros, reconnaissant ainsi le préjudice subit. Le promoteur s’est également engagé à financer la majorité des travaux routiers de desserte. Quatre millions d’euros devant tout de même rester à la charge des communes de Plaisance, Fonsorbes et La Salvetat pour la construction de la RD924. Toutefois, en annulant aujourd’hui deux arrêtés d’autorisation de destruction des espèces protégées, la décision du Tribunal administratif de Toulouse bloque tous les chantiers en cours et donc les investissements correspondants.
Au final, le projet Val Tolosa aura peut-être, sans même voir le jour, rapporté de l’argent aux collectivités locales, grâce à la vente des terrains, pour laquelle Unibail-Rodamco-Westfield a déboursé 50 millions d’euros, selon la mairie de Plaisance-du-Touch. Cette dernière prévient que le groupe pourrait décider de revendre l’ensemble ”à la découpe”, ce qui permettrait à de nombreuses entreprises de s’installer sur le site, sans être soumises aux mêmes contraintes environnementales. Nous ne sommes pas parvenus à joindre les responsables d’Unibail pour en savoir davantage. Dans un communiqué, le groupe dit rester “convaincu de la qualité du projet Val Tolosa” et annonce qu’il va faire appel de la décision du Tribunal administratif de Toulouse.



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