Quel plan d’action pour les banlieues ?

De l’Élysée au Mirail, les banlieues ont défrayé l’actualité de la semaine. Entre l’annonce attendue du plan d’action de Jean-Louis Borloo et les émeutes qui ont secoué le quartier du Mirail, l’avenir des quartiers prioritaires s’impose comme un enjeu politique majeur et urgent. – Nicolas Belaubre

banlieues toulouse
© Franck Alix

Le dimanche 15 avril, le quartier du Grand Mirail s’est embrasé, faisant revivre à ses habitants, pendant plusieurs nuits, les scènes de violence de l’hiver 2005. Le décès en prison d’un jeune détenu, le contrôle d’identité d’une femme portant le voile intégral qui aurait mal tourné ou la présence policière accrue dans ce quartier considéré comme l’une des grandes places du trafic de drogue, les raisons de ce nouvel embrasement sont nombreuses et confuses. Les preuves d’un mal chronique plus profond. Entre l’affirmation de politiques volontaristes et la défiance des associations présentes sur le terrain, les plans successifs de politiques de la ville pour les quartiers prioritaires peinent à trouver des solutions efficaces et viables.

Annoncé comme un « big bang institutionnel », le plan banlieues de l’ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo doit poser les grandes orientations : une réforme de l’Anru (l’organisme qui finance et assure la mise en œuvre des programmes de rénovation urbaine), un dispositif de lutte contre l’illettrisme et « l’illectronisme », le développement de la mobilité, pour un investissement total de 48 milliards d’euros. « Les pistes ne sont pas mauvaises, mais l’urgence, c’est l’emploi. Entre les effets d’annonce et la réalité sur le terrain, il y a souvent un fossé. Cela fait 40 ans que les politiques de la ville dans les quartiers sont un échec. Souvenez-vous du plan Marshall pour les banlieues qui était une coquille vide ! » se méfie Camille Montalan, directeur de l’association Les Bobines Sauvages, qui mène des actions culturelles à la Reynerie.

« Les pistes ne sont pas mauvaises, mais l’urgence c’est l’emploi »

Le 6 avril dernier, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc cosignait le pacte de Dijon, avec des représentants de métropoles et de communautés de communes françaises. Ce manifeste, qui reprend les axes principaux du plan Banlieues, vise, entre autres, à confier le pilotage de la politique de la ville aux communautés urbaines et à mettre l’État face à ses responsabilités. « Notre but est de permettre à ceux qui vivent dans les quartiers prioritaires de bénéficier du retour de la croissance, avec des projets concrets. Nous multiplions les opérations de requalification de l’environnement avec des démolitions, des reconstructions ou la création de jardins partagés », se félicite le maire de Toulouse.

Mais, sur le terrain, les associations déplorent des signaux contradictoires. « D’un côté, on nous fait miroiter de grands changements, et de l’autre, l’État supprime de nombreux emplois aidés, ce qui porte un grand coup aux associations et les prive d’un outil d’insertion professionnelle. De même, le niveau de leurs subventions baisse, alors que le soutien et la prévention sont des urgences dans les quartiers », constate Anne-Claire Hochedel, déléguée régionale de la Fédération des acteurs solidaires. Le tissu associatif réclame ainsi d’être consulté et impliqués dans les futures prises de décision locales, en application du plan Borloo.

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