Quartiers prioritaires : les chiffres et les pistes pour remédier à la pauvreté

L’Insee vient de dresser le portrait des 105 quartiers prioritaires d’Occitanie et révèle une diversité peu connue entre les situations, notamment à Toulouse. Dans ces zones concentrant la pauvreté, élus comme associations tentent tant bien que mal de trouver des issues.

Quartiers prioritaires Toulouse
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L’Insee a présenté mercredi dernier son enquête sur l’état de la pauvreté dans la centaine de quartiers prioritaires de la ville (QPV) d’Occitanie. « Les QPV regroupent 7% de la population régionale, une part inférieure à la moyenne nationale de 9% » détaille Vincent Rhodes, chargé d’études à la division sociale de l’Insee Occitanie. « Mais ils cumulent en même temps le revenu médian le plus faible et le taux de pauvreté le plus élevé du pays. »

L’agglomération toulousaine rassemble à elle seule un cinquième des quartiers prioritaires d’Occitanie, là encore avec des situations très hétérogènes : centres-villes à population âgée comme à Saint-Gaudens, petits quartiers familiaux à l’image de l’Ouest de Muret, quartiers étudiants comme à Rangueil… « Nous avons remarqué que les QPV toulousains bénéficient du dynamisme de la métropole, notamment pour certains quartiers comme les Pradettes ou Négreneys », note Vincent Rhodes. Reste que, même aux Arènes, le moins mal loti, le revenu médian annuel ne dépasse pas 15 300 euros, très loin de celui de l’unité urbaine toulousaine (22 000 euros).

Le Grand Mirail, plus grand quartier prioritaire du pays, est aussi le plus pauvre de l’unité urbaine toulousaine, avec un revenu médian annuel n’excédant pas 12 500 euros. « À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle », estime Franck Biasotto, maire du quartier (LREM) et adjoint chargé du logement à la Métropole. «Il faut d’abord montrer l’exemple en permettant l’accès des jeunes de ces quartiers à la formation, aux stages mais également réaliser un accompagnement en matière d’éducation et faire de la prévention face aux problèmes de santé : toutes les questions sont liées. »

« Pas de solution miracle, mais des multiples actions »

Si la municipalité a sa part, c’est surtout l’État qui mène les politiques de la ville. À la Direction régionale de la jeunesse des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS), Pascal Étienne égrène les dispositifs : « Nous finançons des emplois d’adultes relais, des services civiques, travaillons avec la direction du travail, avec les écoles de la deuxième chance. » Pas de quoi rassurer Hassan Aït Saïd, directeur du centre social Partage Faourette : « Il reste énormément à faire, bien plus que simplement repeindre les façades des immeubles ». Le responsable concède qu’il « n’y a pas de solution miracle, mais des multiples actions ».

Ici, la baisse des financements pour les contrats aidés a été douloureuse : «Nous travaillons en flux tendu », estime Hassan Aït Saïd. L’association Partage oeuvre pourtant sur l’accès aux droits, première condition de survie des plus précaires. Elle tente de mobiliser les habitants pour qu’ils revendiquent les leurs, « à commencer par celui d’être considéré comme tout le monde », en relevant non plus d’une politique de la ville spécifique mais du droit commun et des ministères traditionnels. C’est vers cette orientation que semble désormais tendre l’exécutif national. Un programme de construction de crèches et la création d’une bourse aux stages pour les jeunes ont été annoncés tandis qu’un appel à financement était lancé auprès des grandes entreprises. À voir comment cet engagement sera traduit dans le plan national de lutte contre la pauvreté repoussé à l’automne.

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