Périph toulousain : bientôt l’extinction des feux ?

Suivant la dynamique à l’œuvre dans de nombreuses villes du pays, les pouvoirs publics locaux envisagent de modifier sensiblement l’éclairage sur la rocade Ouest de Toulouse. Un dessein qui suscite le débat entre associations d’usagers de la route et partisans d’une moindre pollution lumineuse.

Rocade de Toulouse la nuit
©Alexandre Delbos

Concilier la sécurité avec les enjeux environnementaux et économiques : voilà la mission à laquelle tente de s’atteler la Direction interdépartementale des routes du Sud-Ouest (Dirso). Avec la ville de Toulouse, elle vient d’annoncer un programme pour moderniser l’éclairage public toulousain : « Depuis 2014, le ministère de la Transition énergétique nous a demandé d’avoir un regard critique sur le coût et les impacts environnementaux de l’éclairage sur l’ensemble du réseau routier », explique Anne Calmet, directrice adjointe de la Dirso.

Conséquence sur la rocade toulousaine : depuis maintenant plusieurs mois, les câbles endommagés ou dérobés ne sont plus remplacés dans les zones les moins dangereuses, ce qui a pu donner l’impression aux usagers que l’on avait volontairement éteint le périph’ ! Avec ce programme, les choses devraient être remises au clair : chacune des intersections ou bretelles d’autoroutes seront demain ré-éclairées ou mieux éclairées pour celles qui l’étaient déjà, notamment sur les embranchements du Palays, de Purpan ou du croisement entre A620 et A621 aux Minimes.

Rocade entièrement éclairée : bonne chose ou pas ?

À l’inverse, toutes les portions standards, entre les zones à risque, seront bel et bien éteintes progressivement d’ici 2020, avec des « mesures d’accompagnement, comme des peintures spéciales visibles de nuit, des panneaux de signalisation plus récents et des systèmes rétro-réfléchissants sur les glissières de sécurité », indique la responsable. Coût total : 8 millions d’euros d’ici à 2020, financés par l’État. Quant aux zones situées en dehors de la voie rapide qui bénéficiaient jusqu’ici d’un éclairage indirect, comme sur la piste cyclable des Ponts-Jumeaux par exemple, c’est la mairie qui prend le relai.

Problème : difficile de connaître l’effet de l’éclairage sur le nombre d’accidents, qui est souvent lié à plusieurs facteurs. « Les services de police mettent généralement en cause la vitesse quand ils n’ont pas d’autres éléments explicatifs », estime Jean-Marc Plana, coordinateur de la Fédération des motards en colère de Haute-Garonne. Pour lui, l’éclairage a « une utilité en cas d’obstacles et permet des manœuvres d’évitement de dernière minute dans un trafic dense ». Si « avoir une rocade entièrement éclairée est reposant et demeure un vrai confort », poursuit-il, cela a aussi pour effet de « diminuer l’attention, accélérer ou avoir des comportements dangereux du fait de la baisse de vigilance », note pour sa part Sébastien Vauclair, fondateur du bureau d’étude toulousain Dark Skylab’.

Pour ce spécialiste de la pollution lumineuse, « la tendance est à la réduction globale de l’éclairage en ville, y compris sur les voies rapides ». Enfin, pour les zones à risque qui restent éclairées, c’est la manière d’illuminer qui doit évoluer : « La lumière bleutée émise par des LED est paradoxalement plus dommageable qu’un éclairage traditionnel avec des lampes à vapeur de sodium, plus orangée, s’il est trop haut ou trop puissant. » Là encore, la Dirso ne fournit pas encore d’éléments chiffrés sur les économies réalisables et la pollution lumineuse supprimée, même si elle assure que ces éléments seront pris en compte dans les études plus fines qui doivent être menées d’ici la fin de l’année.

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