Parcoursup, le baptême du feu

ORIENTATION – Suite aux polémiques de l’été, la procédure Admission post-bac (APB) a fait place à une nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur baptisée Parcoursup. Une source d’interrogations pour les lycéens toulousains et leurs parents. – Axelle Szczygiel

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© Franck Alix

Depuis le 22 janvier, les lycéens sont invités à formuler leurs vœux sur Parcoursup, nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur. Principal changement par rapport à APB : les formations universitaires répertorient désormais les candidats en fonction de l’adéquation entre leur profil – qui se dessinera notamment à travers la “fiche avenir” remplie par l’équipe pédagogique du lycée – et les prérequis de chaque formation, définis sur la plateforme. Ce classement doit permettre de les départager dans les filières en tension, mettant ainsi fin au tirage au sort, et de proposer une remise à niveau obligatoire à ceux qui en auraient besoin dans les filières non sélectives.

La procédure ne fait pas l’unanimité. Dans le but de dénoncer ce qu’ils jugent être une sélection systématique à l’entrée de l’université, et d’alerter sur « les dangers des réformes en cours » au lycée et dans l’enseignement supérieur, plusieurs organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires, Sud, Unef, UNL, SGL) ont lancé un appel commun à la grève nationale le 1er février. « Dans de nombreux cas, [les attendus] vont bloquer l’accès des jeunes aux filières de leur choix, leur imposer des remises à niveau qui ne sont pas encore connues ou organisées, mais aussi décourager les candidatures, en particulier des élèves les plus en difficulté », lit-on sur le site du SGL. Une crainte partagée par des parents toulousains. « Le risque d’autocensure est réel. Un élève moyen peut pourtant se révéler dans les études supérieures », affirme Muriel Paletou, présidente de la FCPE 31, qui fustige au passage le rôle accru donné aux professeurs de lycée qui manqueront, selon elle, d’objectivité.

« Le risque d’autocensure est réel. Un élève moyen peut pourtant se révéler dans les études supérieures ».

Cécile, mère d’une jeune fille scolarisée en terminale S au lycée Saint-Sernin ne partage pas cet avis : « Cela permettra aux élèves de mieux cibler leur première année d’études et leur évitera peut-être de se prendre un mur ! » Lutter contre l’échec en première année universitaire – de l’ordre de 40% en moyenne – est en effet l’un des objectifs affichés de la réforme. « Les prérequis, les cours de rattrapage, tout cela va dans le bon sens », admet Nicolas Pistolesi, enseignant-chercheur à Toulouse School of Economics, qui se félicite de la fin du tirage au sort.

Cela n’empêche pas ce spécialiste des questions d’accès à l’enseignement supérieur d’émettre des réserves sur le fonctionnement de Parcoursup. Il regrette notamment la disparition de la hiérarchisation des vœux et celle de l’algorithme qui permettait l’attribution des places. « Ce mécanisme était construit pour qu’il y ait un maximum de premiers vœux satisfaits », rappelle-t-il. « Le problème était que l’algorithme ne se basait pas sur des critères objectifs pour départager les postulants. Pour l’entrée en Staps, on aurait pu, par exemple, faire en sorte que les candidats engagés dans le milieu associatif soient valorisés. »

Les candidats ont désormais jusqu’au 13 mars pour formuler leurs vœux. Ils recevront des propositions dès le 22 mai et auront un délai maximum pour y répondre afin de libérer la place pour d’autres.

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