Occitanie : quelle égalité des chances pour les malvoyants ?

Appliquant le principe ‘’ensemble, on est plus forts’’, six associations occitanes se constituent en un comité régional des acteurs du monde de la déficience visuelle. Pour échanger leurs expériences et leurs compétences, très concrètement, sur le terrain. - Claire Villard

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Il n’a pas encore de nom. La décision de la création d’un comité ayant été actée il y a seulement trois semaines, le projet en est à ses balbutiements. Mais les bases sont posées : six associations agissant en faveur des aveugles et malvoyants travailleront désormais ensemble. L’objectif étant de peser plus lorsqu’il s’agit de faire passer un message aux pouvoirs publics et aux institutions.

L’initiative de ce regroupement est née, entre autres, d’un constat : celui des inégalités de la prise en compte du handicap selon les territoires. « Il n’existe pas les mêmes services en zone urbaine et à la campagne. Certaines villes sont aussi plus avancées que d’autres en termes de structures accessibles aux non-voyants alors qu’il y a des endroits où l’accès aux bâtiments laisse encore à désirer et où de nombreux musées ne sont pas bien adaptés », relève Adeline Coursant, directrice du Centre de transcription et d’édition en braille (CTEB) de Toulouse, à l’origine de la création du comité.

« En ce moment, on planche sur la future troisième ligne de métro »

Pour résoudre ces difficultés, les six associations réparties dans l’ensemble de la région Occitanie, ont décidé de mutualiser leurs connaissances et de prendre ce qu’il y a de mieux chez les autres. « À Montpellier, par exemple, les déficients visuels sont très bien représentés, grâce notamment à Thierry Jammes, président de la Fédération des aveugles et amblyopes de France, qui se trouve sur place », note Adeline Coursant. Quelles solutions ont été apportées ? Comment une structure a-t-elle réussi à obtenir une subvention, et comment s’en inspirer ? Les réunions s’annoncent riches en brainstorming pour que chacun en ressorte renforcé.

À Toulouse, la directrice du CTEB reconnaît que, côté transports, leurs revendications sont relativement bien prises en compte. « Tisseo dispose d’une commission accessibilité, à laquelle je participe », précise-t-elle. Pour autant, elle passe beaucoup de temps, avec son groupe, à tester différents équipements : « Les nouveaux bus, les ascenseurs… Et en ce moment, on planche sur la future troisième ligne de métro. » Elle se bat aussi pour un affichage en braille dans les stations, afin que les malvoyants puissent s’orienter plus facilement.

L’expertise de Thierry Jammes

L’actualité des aménagements toulousains leur donne matière à réflexion, avec en particulier les travaux de la gare Matabiau. Un dossier qui mettra en évidence la pertinence de la création du comité puisque les acteurs toulousains pourront compter sur l’expertise de Thierry Jammes, le ‘’monsieur gare’’ du réseau. « Très actif à Montpellier, il a une vraie crédibilité, et viendra nous aider à vérifier l’accessibilité de la future gare toulousaine », explique Adeline Coursant.

Échange de compétences entre des villes de tailles, et donc de besoins différents, comme Nîmes ou Pamiers, bouillonnements d’idées, le comité régional fonctionnera comme un accélérateur de projets. « Son rôle d’entraide et de facilitateur de contacts est primordial », ajoute Adeline Coursant. Prochaine étape : la rédaction d’une charte éthique, et, bien sûr, le vote pour baptiser officiellement ce nouveau groupement.



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