Le rapprochement des universités toulousaines repoussé

Malgré des mois de travail intensif à l’élaboration de son projet, l’Université fédérale de Toulouse n’a pas été retenue pour l’obtention du label Initiative d’excellence (Idex). Après cet échec, le rapprochement des écoles et facultés de la Ville rose est compromis à court terme. – Fleur Olagnier

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© Franck Alix

Tel un coup de massue, la nouvelle s’est abattue lundi 19 mars sur l’Université Fédérale. Suite aux recommandations du jury international du label Initiative d’excellence (Idex), le Premier ministre n’a pas retenu le dossier du site toulousain. Les facultés et grandes écoles de la Ville rose sont ainsi privées d’un financement de 25 millions d’euros par an. « Je pense que le jury a sous-estimé la dimension transformante du projet UNITI, et surtout notre stratégie scientifique commune. Nous avons le sentiment qu’il voulait nécessairement inclure l’Université Toulouse I Capitole et l’ISAE », commente Philippe Raimbault, président de l’Université Fédérale.

En effet, UNITI 2018 prévoyait le rapprochement des universités Toulouse II Jean-Jaurès (UT2), Toulouse III Paul Sabatier (UT3), de l’INP et l’INSA. Mais l’université Toulouse I Capitole (UT1) et l’ISAE en étaient exclues. « L’UT1 était au cœur du projet lauréat Idex 2013 et nous souhaitions monter une candidature similaire pour 2018. Privilégier le recrutement d’enseignants extérieurs, les formations bicompétences, les écoles en interne… Mais les quatre porteurs n’ont pas voulu de ces idées ni de nous, d’où notre retrait du projet », tonne Corinne Mascala, présidente de l’UT1. Pour Philippe Raimbault, le cahier des charges de l’Idex nécessitait une intégration forte des deux établissements, qui eux, n’auraient pas accepté de modifier leur organisation.

« Sans le cahier des charges Idex, la liberté est plus vaste pour imaginer un nouveau projet de fusion »

Officiellement, c’est un dossier non abouti, trop axé sur la recherche et avec un système de gouvernance flou – six entités administratives différentes – qui est en cause. Aujourd’hui, le site toulousain se trouve donc dans une situation académique et financière délicate. Le 20 mars, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal a d’ailleurs demandé la dissolution de la gouvernance de l’UT2, ce qui a entraîné la démission de son président Daniel Lacroix.

Les écoles et facultés doivent se réunir en fin de semaine pour débriefer. Un dialogue indispensable pour Corinne Mascala : « Il va nous falloir échanger et trouver des moyens de pallier l’image négative qui a transparu ces dernières semaines pour relancer le site ». De plus, ce 26 mars, Philippe Raimbault a rencontré Frédérique Vidal à Paris. Pour la ministre, les atouts scientifiques toulousains justifient que s’y construise une université susceptible d’être intégrée dans les classements internationaux. Elle a rappelé que les outils juridiques de la future ordonnance sont à disposition des acteurs du site, qui pourront faire part de leur ambition collective dans les prochains mois – après l’élection d’une nouvelle équipe à UT2 en charge de préciser la position de cet établissement. En outre, côté financier, aucune aide exceptionnelle de l’État n’est pour l’instant envisagée. « Toulouse est la seule grande ville universitaire de France où aucun rapprochement n’a encore eu lieu, nous ne pouvons pas rester tels quels. Or, sans le cahier des charges Idex, la liberté est plus vaste pour imaginer un nouveau projet de fusion. Car, même à plus long terme, la volonté de rapprochement est bien réelle », conclut Philippe Raimbault.

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