Les Maisons de santé, l’avenir de la médecine en ville ?

PROXIMITÉ. Les Maisons de santé, déjà courantes en milieu rural, trouvent leur place dans les grandes agglomérations qui voient leur nombre de médecins décroître. À Toulouse, une première initiative privée a permis la création d’une MSPP. La mairie et les acteurs de la santé s’organisent pour que chaque quartier en ait une.

maisons de santé
®franckalix/JT

Le quartier de la caserne Pérignon accueillera une maison de santé pluriprofessionnelle à partir du 10 juillet. Ce genre d’établissements, qui a fait ses preuves en milieu rural dans la lutte contre les déserts médicaux, pourrait aussi devenir la norme dans les grandes villes, comme Toulouse. « Dans les dix ans qui viennent, les deux tiers des médecins toulousains partiront à la retraite », prédit le docteur Jean Thévenot, président de l’Ordre des médecins de Haute-Garonne, citant une étude menée en 2015. Déjà, la Ville rose avait perdu 8% de ses généralistes par rapport à 2007.

Si rien n’est fait, le monde urbain pourrait donc connaître une baisse de la démographie médicale similaire à celle observée en milieu rural.

Une Maison de santé par quartier

Plusieurs acteurs se sont donc réunis autour de la table pour éviter la détérioration du ratio médecin par habitant. Depuis juin 2016, l’Ordre des Médecins, la Mairie, l’Agence Régionale de Santé (ARS), ou l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS), organisent des groupes de discussion avec des docteurs dans chaque quartier. L’objectif : « Aboutir à la création d’une MSPP structurée par quartier, de manière à ce que les gens aient accès à des soins de premiers secours de proximité », dixit Daniel Rougé, adjoint au maire en charge de la santé.

Quelques médecins commencent déjà à s’organiser à la Cartoucherie ou à Borderouge et de nouveaux projets devraient naître à La Reynerie et Jolimont. En parallèle, le groupe de réflexion planche sur une convention-cadre qui sera dévoilée au mois de septembre prochain. Pendant ce temps, Toulouse Métropole Habitat fait son possible pour faciliter l’installation de ces MSPP, en mobilisant le foncier adéquat, « c’est-à-dire des surfaces suffisantes, dans des conditions d’accessibilité légales et à des prix attractifs », explique l’adjoint au maire.

La médecine de demain sera collective

Cette notion de prix explique en partie la réticence des jeunes médecins qui ne peuvent plus s’installer seuls en ville. Les MSPP correspondent aussi à une évolution des pratiques médicales. Les jeunes docteurs veulent pouvoir organiser leurs périodes de gardes et leurs congés plus facilement, mutualiser les frais de secrétariat pour passer moins de temps à leurs démarches administratives… Ils veulent travailler en équipe.

Mais pour le docteur Michel Combier, secrétaire général de l’URPS, cela ne doit pas être fait n’importe comment : « Il ne suffit pas de réunir les cinq médecins d’un même quartier. Les MSPP doivent être l’antenne centrale d’un maillage médical. Il faut que ce soit l’occasion de repenser la politique de soin sur un territoire urbain, comme on l’a repensé en milieu rural. » Et les exemples à suivre dans les campagnes de Haute-Garonne ne manquent pas.

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