Les surveillants pénitentiaires demandent plus de moyens

RENFORT. Mobilisés depuis l’agression de trois de leurs membres à Vendin-le-Vieil le 11 janvier dernier, les surveillants pénitentiaires réclament davantage de moyens pour assurer leur mission en toute sécurité. C’est notamment le cas en Haute-Garonne, à Seysses et Muret, où 150 d’entre eux sont en grève. – Paul Périé

centre pénitentiaire seysses
© Franck Alix

L’agression de Vendin-le-Vieil a fait resurgir le problème de la violence en prison, soulevé depuis de nombreuses années par le personnel pénitentiaire, déclenchant un mouvement de grève national dès le 15 janvier. Après négociation, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a présenté un projet d’accord refusé le week-end dernier, les syndicats appelant de nouveau à la grève reconductible cette semaine. « Pour l’instant, nous n’avons pas eu les réponses adaptées », regrette Hugues Massaré, secrétaire local de la CGT pénitentiaire à la maison d’arrêt de Seysses.

Il dénonce un sentiment de ras-le-bol qui a atteint son paroxysme avec les incidents des derniers jours. « J’avais déjà alerté nos hautes instances pour leur dire que nous n’étions pas à l’abri d’une attaque terroriste à Seysses, face à la montée du radicalisme. »

« Aujourd’hui, un surveillant doit gérer 100 à 110 détenus par étage, c’est impossible »

Pour lui, la colère des surveillants est totalement légitime étant donné les conditions de travail. « Le mouvement est parfaitement justifié au vu des agressions et des tentatives d’assassinat qui ont eu lieu ces dernières semaines. Les collègues ont la crainte de ne pouvoir répondre à la violence à laquelle ils seront confrontés. Deux d’entre eux ont récemment été agressés avec un pied de table en fer à Longuenesse », rappelle-t-il. 3 923 agressions physiques ont ainsi été recensées en 2017 en France selon le ministère de la Justice. Le syndicaliste confie lui-même avoir été victime, en mai dernier, d’un « guet-apens de la part d’un détenu qui avait prémédité son attaque ».

La première question soulevée par la situation est aussi la plus urgente pour le personnel : celle des moyens, qu’ils soient humains ou techniques. « Aujourd’hui, un surveillant doit gérer 100 à 110 détenus par étage, c’est impossible », s’insurge Hugues Massaré. « On ne peut pas répondre à toutes les demandes et cela crée des tensions qui peuvent déboucher sur la violence. C’est une cocotte-minute qui attend d’exploser. » Des alternatives à l’incarcération pour certaines peines permettraient un désengorgement des prisons et une amélioration des conditions de travail. Le syndicaliste souhaite également l’abrogation de l’article 57 de la loi pénitentiaire, qui encadre les fouilles intégrales. Jugées dégradantes notamment par la Cour européenne des droits de l’homme, ces pratiques permettent selon Hugues Massaré de « limiter l’introduction d’objets prohibés au sein des prisons, comme les portables ou les armes en céramique par exemple ».
Au-delà de cet aspect, la CGT réclame plus de reconnaissance de son travail, à travers une revalorisation du salaire, le passage des personnels en catégorie B et une prime à l’armement dont bénéficient les gendarmes notamment. Enfin, Hugues Massaré demande une plus grande fermeté contre les auteurs de violences.

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