Les étudiants “sans fac” occupent Jean-Jaurès

BLOCAGE – Des membres de l’Union des étudiants de Toulouse (UET) occupent depuis ce matin la salle de la présidence de l’université Toulouse 2 Jean-Jaurès. Ils réclament l’inscription de 80 étudiants, refoulés faute de place. 20 d’entre eux sont étrangers et menacés d’être expulsés du territoire.

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À 9h30, ils ont interrompu le conseil d’administration de l’université Jean-Jaurès afin d’en changer l’ordre du jour. Pour l’Union des étudiants de Toulouse, la priorité absolue est de trouver une place aux 80 étudiants de l’université qui n’en ont pas obtenu cette rentrée : « On réclame les moyens nécessaires pour les accueillir dans de bonnes conditions. Il faut un budget à la hauteur des demandes d’inscription », explique Arya Méroni, étudiante en sociologie. Ces 80 “sans fac” ont été refoulés après un tirage au sort sur la plateforme en ligne APB (admissions post-bac) ou après une sélection à l’entrée d’un Master. Parmi eux, 20 sont étrangers et menacés d’une obligation de quitter le territoire français s’ils n’ont pas de certificat de scolarité. « On risque de devenir sans-papiers ! Sans droit, sans possibilité de se loger ou de travailler. La fac nous dit que si l’on a un problème avec la police, elle nous viendra en aide… Mais c’est maintenant qu’on a besoin d’elle ! » s’inquiète Sofia.

“La loi oblige les universités à trouver des places en Master aux étudiants qui en font la demande

Cette Sénégalaise de 25 ans est arrivée à Toulouse il y a un an pour suivre une licence d’économie et gestion, qu’elle a obtenue comme 180 autres étudiants. 180 diplômés qui n’ont eu que 20 places disponibles en Master Innovation Entreprises et sociétés, le seul auquel ils puissent prétendre. Une situation ubuesque : « Bien qu’il y ait désormais une sélection à l’entrée, la loi oblige les universités à trouver des places en Master aux étudiants qui en font la demande », fait remarquer Chaimaa, une Marocaine de 22 ans, également sous le coup d’une expulsion du territoire. La plateforme en ligne trouvermonmaster.gouv.fr, qui doit lui faire des propositions de Master, reste désespérément silencieuse depuis le mois de juin. Après une discussion entre les syndicats, la direction de l’université et le représentant du rectorat, celui-ci a indiqué qu’il se prononcera demain matin pour tenter de débloquer la situation. D’ici là, les étudiants maintiendront leur siège du bâtiment de la présidence.



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