Le redac chef de la semaine est Gilbert Laval

Gilbert Laval(05-04-2016)┬®franckalix-6
Gilbert Laval vient de sortir le livre “Les Etelin avocats. Ne rien lâcher !” (ed Talaia) ©FranckAlix

Historien de formation, c’est finalement vers la presse que s’est tourné Gilbert Laval. Journaliste à Paris durant 30 ans, il a été le correspondant local à Toulouse pour le quotidien Libération. Fin observateur de l’évolution de notre société, il s’évertue à la raconter au travers de ses articles. Ce sont ces mutations qu’il décrit également dans son ouvrage “Les Etelin avocats. Ne rien lâcher !”, sorti aux éditions Talaia. En couchant des anecdotes du célèbre couple de magistrats sur le papier, il y illustre les transformations sociétales.

 

Le classement des lycées

Lorsque l’on a des enfants, il est naturel de souhaiter les scolariser dans les meilleurs établissements afin de leur donner toutes les chances de réussir, et donc de s’intéresser à ces classements. Mais au fond, si un élève est doué, il le sera, quelle que soit l’école où il est inscrit. Reste le problème de la discrimination de certains lycées ! J’ai le souvenir d’un inspecteur d’académie qui vantait le collège de la Reynerie en public mais qui, en privé, avouait ne jamais vouloir y mettre ses propres enfants. La carte scolaire avait été mise en place pour faciliter la mixité sociale, mais ne soyons pas dupes, elle ne fonctionne pas : à Toulouse, le Caousou et Fermat tiendront toujours le haut du tableau. La méritocratie républicaine est une douce illusion ! Et la mixité sociale ne se décide pas, elle se fait naturellement ! Pour preuve, il suffit de pouvoir payer une école pour l’éviter.

 

La réforme de l’élection présidentielle

Quelles que soient les modalités, l’élection présidentielle restera toujours ce qu’elle est : un combat de chefs et d’égo. Cette réforme prévoit la publication de tous les parrainages obtenus pour valider la candidature, ce que je trouve naturel. Quand on prétend vouloir devenir président de la République, pourquoi voudrait-on cacher les noms des gens qui vous ont promu ? Quant aux maires qui signent, à eux d’assumer leur choix ou de s’abstenir. De même, il n’y aurait plus de calcul du temps de parole à la TV et certains crient au scandale car cela défavoriserait les petits partis, mais soyons honnêtes, ces candidats-là n’ont rien à faire dans une telle élection. Cela leur sert simplement à être un temps sous les projecteurs et obtenir une tribune. Mais il faut d’abord avoir milité pour des idées et ne pas sortir une fois tous les cinq ans pour passer à la TV. Je suis adepte du vélo mais ce n’est pas pour autant que je peux m’inscrire au Tour de France…

 

Val Tolosa : un accord-cadre édité par le médiateur

Je n’ai suivi ce dossier que de loin, mais il me semble que la construction de ce centre commercial va tout simplement dans le sens de notre société libérale qui profite autant aux acteurs économiques qu’aux consommateurs. Quand le village de marques de Nailloux a vu le jour, l’on a cru un temps qu’il concurrencerait les commerçants toulousains mais ce n’est pas le cas. La concurrence n’est pas un problème en soi… Il n’y a pas eu la ruée annoncée et redoutée. D’ailleurs, de nombreuses enseignes créent maintenant de petites antennes en ville pour retrouver le client. Les opposants à ce projet, que je ne connais pas, sont sûrement des riverains de Plaisance-du-Touch qui ont peur pour leur territoire mais il s’agit là d’un pur repli conservateur. Ils seraient le village de Gaulois que des hordes de consommateurs viendraient envahir ? Mais comme tout un chacun, où vont-ils faire leurs courses ?

 

Bilan de Jean-Luc Moudenc après deux ans de mandat

Un souvenir me vient immédiatement en tête : j’étais journaliste pour Libération et me suis rendu à un meeting de Jean-Luc Moudenc. C’était le 18 mars 2014, dans la salle Jean Mermoz, pour être précis. Je l’y ai entendu dire, en prenant la foule à témoin, qu’il n’augmenterait pas les impôts. Un an plus tard, la note est tombée et elle est salée ! Quant à la 3e ligne de métro, il ne s’agit pour lui que d’une manière de planter son drapeau sur la ville rose comme l’avait fait Dominique Baudis en son temps. En tant qu’ancien journaliste, j’ai beaucoup côtoyé Jean-Luc Moudenc, et d’aussi loin que je me souvienne, je l’ai toujours connu avec l’ambition d’être maire de Toulouse. Maintenant qu’il a pris le Capitole, il lui tient à cœur de marquer son passage. Mais cela se fera au détriment de l’intérêt public. Les entrepreneurs de Labège, les élus du Sicoval et l’aéroport sont en colère et on le serait à moins.

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