Le cholestérol, voie de traitement du cancer du sein ?

PROMESSE – Une équipe du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT) a publié une étude dans la revue de l’Académie des sciences des États-Unis concernant une nouvelle piste thérapeutique autour de la transformation du cholestérol dans les cancers du sein. Paul Périé

cancer du sein
© IUCTO

La collaboration entre chercheurs et cliniciens au sein de l’Institut universitaire du cancer de Toulouse (IUCT) a permis une avancée importante dans le traitement de cancers du sein. Coordonnée par les docteurs Sandrine Silvente-Poirot, directrice de recherche au CNRS, et Marc Poirot, directeur de recherche à l’Inserm, l’équipe scientifique a « identifié une nouvelle cible et donc une possible thérapie pour ce type de cancers », explique Marc Poirot.

Concrètement, les chercheurs toulousains ont découvert que l’OCDO, molécule issue de la transformation métabolique du cholestérol et inconnue jusqu’à présent, est présente dans les cellules tumorales et favorise leur développement.
« Nous avons pu comparer des cellules d’une glande mammaire saine et des cellules tumorales et nous avons observé une différence dans le métabolisme du cholestérol. Dans les cellules atteintes, on a constaté une production d’OCDO et l’absence d’un autre dérivé du cholestérol, la dendrogénine A (DDA). Cette dernière inhibe le développement des tumeurs et bloque la production de l’OCDO », précise Marc Poirot. L’identification de l’OCDO, de l’enzyme qui la sécrète et de ses propriétés procancéreuses a duré environ 3 ans. Un timing accéléré par la structure de l’équipe de recherche et l’agrégation de compétences diverses. « L’IUCT, avec la présence de cliniciens-chercheurs et la mise à disposition de banques de tumeurs nous a permis d’avancer vite », souligne le directeur de recherche.

Les premiers traitements d’ici à 3 ans ?

Après l’établissement de l’action anticancéreuse de la DDA sur des modèles pertinents de cancers à l’échelle du laboratoire, cette découverte ouvre la voie à des essais cliniques pour un traitement à base de DDA, qui bloque les effets néfastes de l’OCDO en stoppant sa production. La société toulousaine Affichem travaille déjà sur son développement pour une utilisation thérapeutique. « Si tout se passe bien, on pourrait amener la DDA en clinique d’ici à 2 ou 3 ans », assure Sandrine Silvente-Poirot. Un traitement qui pourrait également s’avérer efficace sur la leucémie myéloïde aigüe selon une nouvelle étude publiée par les chercheurs dans la revue Nature Communications.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.