L’avenir électrique de la livraison

Pour mettre un peu d’air dans le flot de livraisons qui engendrent pollution et embouteillages en centre-ville, les acteurs du secteur optent pour un dispositif mêlant véhicules électriques et mutualisation. Plusieurs projets innovants devraient voir le jour dans les années à venir.

La Poste
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Chaque jour, 14 000 livraisons ont lieu dans le centre-ville de Toulouse, à destination des commerces ou des particuliers. Entre l’urbanisation croissante et le développement de l’e-commerce, cette valse incessante est devenue un enjeu majeur. Entraînant les problématiques de congestion du trafic et de pollution qui ont par exemple conduit l’ancienne municipalité de Toulouse à élaborer en 2012 une charte des livraisons en centre-ville. Cette dernière repose sur un système d’accréditation offrant notamment des possibilités de livraison élargie aux véhicules électriques de 3 à 20 mètres cube.

Dans le sillage, de nombreux acteurs de la livraison ont misé sur le courant. Le groupe La Poste, bien sûr, avec ses 2 300 véhicules électriques en Occitanie tous services confondus (Hexapack, Chronopost, DPD…) mais aussi de plus petites sociétés comme Altern’mobil, via ses tricycles électriques et même son quadricycle pouvant contenir deux mètres cube, ou la start-up Applicolis.
Tous tentent de résoudre l’équation entre les considérations environnementales et le prix du « dernier kilomètre » de la chaîne de transport qui s’envole en raison de la pression foncière éloignant les entrepôts de stockage du centre-ville. Le modèle économique du secteur de la logistique est ainsi à repenser. Car si les véhicules électriques peuvent réduire la pollution, leur usage et l’investissement qu’ils nécessitent restent complexes. C’est donc toute la chaîne qui se réorganise en misant sur la mutualisation des flux.

« Cette nouvelle organisation permettra d’aller plus facilement vers des transports doux »

La société Géodis a ainsi fait de Toulouse une des villes pilotes de son projet Distripolis, qui combine une base logistique urbaine écologique (Blue) proche du centre avec un camion électrique nouvelle génération. Un programme qui se heurte pour l’instant à la difficulté de trouver un espace adéquat. Plus ambitieux, le consortium Lumin’, composé de La Poste, de la Caisse d’Épargne et de Semmaris (gestionnaire du marché de Rungis), travaille à la création d’une zone de logistique mutualisée à l’horizon 2020 sur le site de Fondeyre, en face du Grand Marché de Toulouse. « Cette plateforme de 19 000 m² abritera un centre qui permettra de regrouper les marchandises arrivant de l’extérieur de la ville et de mutualiser leur livraison avec des véhicules électriques ou à faible émission », affirme la direction de la communication de La Poste.

En parallèle, une filiale du groupe, la société Evol, appelée à devenir rapidement une entreprise privée indépendante, offrira de nombreux services de mutualisation. « Nous proposerons par exemple aux commerçants du marché Victor-Hugo de récupérer en une seule fois toutes les marchandises qu’ils auront achetées au Grand marché. Cela évitera beaucoup de trafic », assure Alain Baret, directeur général d’Evol Toulouse. L’homme est persuadé que cette dynamique favorisera encore plus l’émergence des véhicules électriques : « Beaucoup d’acteurs sont prêts à passer le cap et cette nouvelle organisation leur permettra d’aller plus facilement vers des transports doux. C’est le moment où jamais ».



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