Latifa Ibn Ziaten présentée pour le prix Nobel de la paix

La candidature de Latifa Ibn Ziaten, mère du premier militaire assassiné à Toulouse par Mohamed Merah, vient d’être proposée au Prix Nobel de la paix. Un honneur pour cette musulmane qui lutte avec acharnement contre la radicalisation. -
Fleur Olagnier

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© Association Imad

Reconnaissance. Prêtre à Lyon, Christian Delorme a présenté la candidature de Latifa Ibn Ziaten au Prix Nobel de la paix. La mère du parachutiste Imad Ibn Ziaten, premier militaire à succomber aux balles de Mohamed Merah en 2012, est profondément touchée : « L’acte de ce prêtre m’émeut, d’autant qu’il n’a regardé ni mes origines ni ma confession. C’est la reconnaissance de mon combat contre la radicalisation et pour la laïcité ».

Persévérance Pourtant, le titre importe peu à la présidente de l’association Imad, créée après l’assassinat de son fils pour aider la jeunesse et œuvrer pour la paix : « Gagner ce prix ne changerait rien, si ce n’est peut-être de me donner encore plus de courage. » Latifa Ibn Ziaten visite au moins trois prisons par mois et trois écoles par semaine afin « qu’il n’existe plus d’autres Merah ».

Humilité Le 4 octobre dernier, le documentaire Le cœur au combat sortait en salles. Pendant un an, les réalisateurs l’ont suivie sur le terrain. « Je n’ai jamais voulu faire ce film. Mais dans la rue, on me disait souvent que l’on m’avait vue à la télé et pas dans une école. C’est dommage, les gens n’ont pas conscience de ce que je fais. Alors ce film, c’était pour montrer la souffrance des jeunes et des prisonniers marqués par les idéaux djihadistes ».

Larmes Dans le film d’Olivier Peyon et Cyril Brody, Latifa Ibn Ziaten console des jeunes de l’école de la seconde chance de Val-de-Reuil qui accueille des élèves ayant quitté le système scolaire, émus de raconter les épreuves qu’ils avaient traversées. « J’ai été bouleversée car les hommes sont fiers, ils pleurent rarement. Dans leurs yeux, on percevait la volonté de s’en sortir. »

Optimisme En 2018, elle emmènera ces derniers à Figuig au Maroc, avec des élèves de Sarcelles. Ils participeront à la restauration d’une synagogue. Un message de tolérance, d’amour et d’espoir : « Je veux redonner à ces jeunes leur confiance en eux. Par la construction de ce lieu de prière et de vivre ensemble, je souhaite faire démarrer le moteur qui est en eux, leur permettre de rêver… ».

Un site dédié a même été mis en ligne https://latifanobeldelapaix.info



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