La prothèse 3D du second souffle

Une prothèse trachéo-bronchique en 3D. ©AnatomikModeling
Une prothèse trachéo-bronchique en 3D. ©AnatomikModeling

SUR-MESURE. Une prothèse trachéo-bronchique en 3D et personnalisée a été mise au point par le CHU de Toulouse et une start-up de la Ville rose. Une première mondiale qui pourrait bien être l’alternative aux prothèses classiques, parfois inadaptées à certains patients.

// Kenza Gros-Desormeaux

Actuellement, les prothèses trachéo-bronchiques ne conviennent pas toujours aux diverses pathologies des personnes souffrant d’une sténose, une déformation ou un rétrécissement de la trachée.10 à 20 % des patients ne supporteraient pas les prothèses standards. « Un stent inadapté cause des conflits entre la prothèse et la muqueuse, provoquant une réaction inflammatoire. Ce phénomène est source de granulomes ; plus ils sont importants, plus le patient risque une obstruction de la trachée ou de la bronche»explique le docteur Hermant, bronchoscopiste au CHU de Toulouse. Pour pallier ce défaut, une équipe du centre hospitalier toulousain et Anatomick Modeling, start-up de la Ville rose spécialisée dans les applications médicales de l’impression en 3D, ont mis au point une prothèse sur mesure en silicone.

Le processus se déroule en trois étapes : la reconstruction en 3D réalisée à partir du scanner du patient, l’usinage d’un moule à partir de cette reconstruction, et enfin la fabrication de l’appareil. Ce dispositif est vendu entre 20 et 50 % plus cher que son équivalent classique en raison de ses coûts de fabrication. Mais la prothèse est adaptable puisque la force d’écartement du stent est modulable selon le degré de la sténose. La première prothèse a été posée en octobre 2016 sur Michel Plasson, chef d’orchestre souffrant d’une trachée déformée et qui ne supportait pas les prothèses de série. Trois mois après, l’innovation a fait l’objet d’une publication dans American journal of respiratory and critical care medicine, revue internationale de pneumologie. Une première mondiale. Dix patients participent au protocole et, pour l’heure, six d’entre eux sont porteurs de l’appareil. Si cette innovation est encore au stade de l’essai clinique, les premiers résultats se veulent prometteurs, notamment en termes d’amélioration de la qualité de vie.

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