La pollution lumineuse, un fléau persistant à Toulouse

En 2017, l’association France Nature Environnement Midi-Pyrénées s’était lancée le défi de réduire le nombre de vitrines illuminées tout au long de la nuit, dans l’hypercentre toulousain. Deux ans se sont écoulés et le constat reste préoccupant.

Vitrine pollution lumineuse
@Emmanuel Clévenot JT

Un voyage dans le temps, bien peu dépaysant. En août 2017, le Journal Toulousain titrait : “Pollution lumineuse : les commerçants invités à passer à l’action”. Paru à la suite d’une enquête menée par l’association FNE Midi-Pyrénées, cet article faisait état de l’inapplication de la loi, interdisant aux commerces d’illuminer leur vitrine de 1 h à 6 h du matin. Quelque 92 magasins avaient été pointés du doigt, dans le centre de la Ville rose, et une opération de sensibilisation avait ainsi pu être menée.

Aujourd’hui, alors que l’association poursuit son combat, le statu quo est de vigueur : “Le 1er juin 2019, une trentaine de bénévoles a parcouru les rues du centre-ville pendant la nuit. On a pu observer que les choses n’évoluent pas”, déplore Elliot Shaw, “ambassadeur de la nuit” à FNE Midi-Pyrénées. En effet, cette nouvelle étude, sur un périmètre plus étendu, dénombre 361 établissements en situation d’irrégularité vis-à-vis de la loi Grenelle II.

Avertir de l’impact environnemental

Méconnues, les conséquences de cette pollution lumineuse sont pourtant nombreuses : “Le principal impact est énergétique. En gaspillant l’électricité, ces commerces participent à l’émission de gaz à effet de serre”, précise Elliot Shaw. Par ailleurs, ces lumières artificielles nocturnes sont susceptibles de dérégler l’horloge interne humaine et de causer des troubles du comportement chez certaines espèces animales.

Selon l’ambassadeur de l’action, la pédagogie serait le remède efficace : “Une fois repérés, nous faisons du porte-à-porte dans les magasins pour sensibiliser à l’ensemble de ces risques. Deux mois plus tard, nous repassons observer l’évolution”. Lors de l’opération menée en 2017, un tiers des commerçants avaient finalement décidé d’éteindre leur vitrine. Un autre s’était contenté de retirer quelques-unes des lumières.

Une loi qui n’est pas appliquée

Chaque fois que ces réfractaires ferment boutique sans presser l’interrupteur, ils encourent jusqu’à 750 euros d’amende. Du moins, en théorie. Dans les faits, les forces de l’ordre n’infligent jamais de telles sanctions : “En 2017, nous avons envoyé un courrier à la mairie de Toulouse réclamant la mise en place de mesures pour faire respecter la loi. Ils nous ont répondu qu’ils allaient se pencher sur le sujet, mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a été fait”, regrette Elliot Shaw.

“En matière d’éclairage public, nous avons abaissé la consommation annuelle de 30% et modernisé les installations, à l’aide d’appareils directifs qui n’éclairent pas vers le haut”, renseigne Emilion Esnault, conseiller municipal à la mairie de Toulouse. Quant aux commerces privés, ce dernier reconnaît l’atermoiement du Capitole concernant l’application de la loi Grenelle II : “Nous sommes en train d’y travailler. D’ici la fin du mandat, nous nous rapprocherons des commerçants pour dialoguer. C’est par la pédagogie que les choses s’amélioreront”. Pas question donc, pour le moment, de dresser des procès-verbaux…

Emmanuel Clévenot

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