La Haute-Garonne n’expérimentera pas le revenu de base

L’Assemblée nationale a rejeté hier la proposition de loi socialiste visant à expérimenter le revenu de base dans 18 départements, dont la Haute Garonne.

« J’ai rarement été déçu à ce point-là. Ça me donne envie de hurler ! » enrage Sébastien Vincini, le premier secrétaire fédéral du parti socialiste et grand argentier du Conseil départemental de la Haute-Garonne. La proposition de loi de son parti visant à expérimenter le revenu de base, destiné à lutter contre la pauvreté, a été rejetée par 64 voix contre 49, avant tout débat sur les amendements. « Nous avons travaillé durant presque deux, en confrontant les scénarios, en lançant une grande consultation citoyenne, en établissant une micro-simulation économique. Notre projet est objectivé, concret. Et il est balayé d’un revers de main… Circulez, y’a rien à voir ! », peste l’élu toulousain.

Regroupant plusieurs prestations (RSA et prime d’activité notamment), ce revenu de base devait être versé automatiquement dès 18 ans et de manière inconditionnelle dans 18 départements volontaires, dont la Haute-Garonne. Après trois ans, un bilan aurait été tiré pour mesurer l’efficacité du dispositif. « Cela s’inscrit parfaitement dans la feuille de route du Plan pauvreté voulu par le Président de la République. Celui-là même qui loue les possibilités d’expérimenter des collectivités locales. Je ne comprend pas pourquoi la majorité ne s’est pas saisie de ce texte. »

Un revenu universel d’activité en 2020

D’autant qu’Emmanuel Macron a annoncé « la création d’un revenu universel d’activité (RUA) sous conditions de ressources, fusionnant le plus grand nombre possible de prestations par une loi qui sera votée en 2020 ». Comme l’a confirmé Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Santé. Mais celle-ci précise qu’il faudra partir « d’une page blanche ». Les bénéficiaires de cette aide auraient l’obligation de s’inscrire dans un parcours d’insertion, qui « empêche de refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi ou d’activité figurant dans son contrat ». « Avec le RUA, nous travaillons sur les maux plutôt que sur le thermomètre. C’est un projet de société complètement différent de celui des socialistes », explique Pierre Casteras, le référent de LREM en Haute Garonne, ancien membre du PS. « De plus, les expérimentations qu’ils réclamaient prennent du temps et coûtent de l’argent. »

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