[Grand Angle] La solidarité n’attend pas le froid

SOUTIEN. Toulouse peut se targuer d’avoir l’un des tissus associatifs les plus actifs et organisés pour intervenir auprès des plus démunis. Les sans-abris et les personnes fragiles n’ont pas eu à attendre la chute des températures pour voir l’entraide s’organiser. 

Plan Grand Froid en Haute Garonne
©Franck Alix/JT

Le plan grand froid à Toulouse : un dispositif bien rodé

Huit équipes de maraude se relaient tous les soirs dans les rues de Toulouse pour apporter réconfort, nourriture, vêtements chauds ou kits d’hygiène aux sans-abris, mais aussi simplement pour passer un moment avec eux. Derrière cette solidarité nocturne, de nombreux bénévoles de la Croix rouge, de la Protection civile, de Médecins du Monde ou encore de l’Ordre de Malte. Des associations dont la mobilisation dépasse ces simples maraudes, à l’image du Secours catholique qui propose par exemple le petit-déjeuner chaque matin dans le quartier Bonnefoy ou qui gère la halte de nuit, un espace d’accueil ouvert tous les soirs de l’année.

Autant d’acteurs de terrain qui n’ont pas attendu les premiers frimas pour agir. Les pouvoirs publics non plus, rappelle le préfet Pascal Mailhos : «Nous prenons en compte la réalité de la situation et ne sommes pas cantonnés aux règles de mise en place du plan Grand Froid (notamment des températures négatives durant plusieurs nuits consécutives, ndlr).»

300 chambres d’hôtel réquisitionnées chaque soir

Un dispositif d’appoint qui vient compléter les 4 000 places d’hébergement de la Ville rose, dont 115 d’urgence créées cette année, notamment grâce à la mise à disposition de bâtiments publics inoccupés, gérés ensuite par les associations. Mais, au 115, le numéro d’urgence du Samu social, les lignes sont saturées face une demande toujours plus importante. On y recense 3 500 appels par jour quand les opérateurs ne peuvent en traiter que 10%. Daniel Rougé, adjoint au maire en charge des affaires sociales, précise : «Il ne s’agit pas de créer de l’hébergement pour de l’hébergement. Sinon, il faudrait 8 000 places, sachant que les migrants sans-papiers ne peuvent malheureusement pas prétendre à un toit sauf situation d’urgence. L’idée est d’accompagner les personnes hébergées vers un parcours d’insertion et de leur permettre d’intégrer le parc HLM si possible. L’expérience montre que plus on les suit, plus l’insertion est rapide.»

De nombreux centres ciblent ainsi des publics spécifiques. La Maison Goudouli accueille par exemple les grands précaires, la Maison de Paléficat, les jeunes en errance. Au centre Vélane, ce sont les familles et femmes isolées qui peuvent être hébergées. Le lieu a d’ailleurs récemment reçu la visite du préfet pour marquer le lancement de la mobilisation hivernale. Pour Pibiana, l’une des résidentes, «c’est ce qui nous aide à retrouver notre dignité humaine.»

 

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