[Grand Angle] Le travail forcé, une cause collective en Occitanie

PRÉVENTION – Et si l’Occitanie devenait la première région de France engagée dans la lutte contre le travail forcé des adultes et des enfants ? C’est le vœu de l’ONG toulousaine : Ressources humaines sans frontières qui mène des actions de sensibilisation auprès des entreprises et des particuliers.

Travail forcé enfant occitanie
©LucasFZ70

On estime que 80 000 personnes sont victimes de travail forcé en France, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Parmi elles, des hommes et des femmes employés abusivement par des sociétés du bâtiment travaux publics et le secteur agricole. «L’OIT a déterminé des indicateurs qui permettent d’identifier le travail forcé en entreprise. L’isolement des personnes, qui ne parlent pas français, en est un. Les conditions de travail difficiles (heures supplémentaires non payées et tâches effectuées ne figurant pas dans le contrat de travail) en sont un autre», explique Martine Combemale, directrice de l’Organisation non gouvernementale Ressources humaines sans frontières, fondée pour que «chacun puisse vivre dignement de son travail.» Les enfants sont aussi concernés par le travail forcé. «Leur nombre augmente avec l’arrivée des migrants en France. Car comme les adultes, ils sont vulnérables, isolés. Non scolarisés, ils travaillent la nuit dans les entreprises de nettoyage qui emploient leurs parents.»

La région Occitanie n’est pas épargnée. Mais dans quelle mesure ?

Martine Combemale ne donne aucun chiffre. Et pour cause. « La mission de l’ONG n’est pas de comptabiliser les travailleurs forcés ni de les dénoncer mais de prévenir les risques par des actions ciblées. » Première pierre à l’édifice : l’ONG convie collectivités et syndicats à se réunir autour d’une table ce lundi 20 février. « Cette conférence est le préambule d’un défi : l’Occitanie doit être le fer-de-lance dans cette lutte. Chaque participant doit devenir acteur en prenant un engagement sur dix ans avec solutions concrètes à l’appui. »
Un challenge qui passe aussi par la formation, à commencer par celle des chefs d’entreprise. Une journée de prévention aux risques du travail forcé dans le bâtiment est organisée le 21 février pour présenter les bonnes pratiques de détection des cas de travail forcé dans le secteur.
Pour encourager le grand public à faire preuve de vigilance, l’ONG propose une réunion d’information le 22 février et ouvre une permanence mensuelle à l’Espace des diversités et de la laïcité, dès le mois de mars. « Ce bureau, tenu par des bénévoles, permettra de renseigner et d’identifier des situations de travail forcé avant de diriger les personnes vers des structures comme le Comité contre l’esclavage moderne.»

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.