[Grand angle] L’hébergement d’urgence à la rue ?

©KévinFiguier/JT
Un campement de l’association Droit au logement en septembre 2014. ©KévinFiguier/Archives

 

SOCIAL. Cet été, des travailleurs sociaux de la Croix Rouge et l’association Droit au Logement se sont mobilisés pour alerter sur la situation de l’accueil des sans-abris à Toulouse. Depuis, des solutions ont été trouvées pour 61 personnes SDF et des nouvelles places d’hébergement ouvertes. Signe que la situation s’améliore ?

Par Delphine Tayac

Fin juillet, l’association Droit au logement (DAL) a replié ses tentes installées dans le pavillon Junod de l’hôpital Purpan. Les 61 personnes sans-abris, des hommes, des femmes, des demandeurs d’asile, qui avaient décidé d’occuper les lieux, soutenus par le DAL, se sont vus proposer des solutions de relogement par la préfecture après deux mois de mobilisation. Quelques jours plus tôt, ce sont des salariés de la Croix Rouge des centres d’hébergements de l’Escale et de La Ramée qui se sont mis en grève. Un conflit qui concerne avant tout leurs conditions de travail, mais parmi les revendications figuraient aussi des demandes pour améliorer l’accueil des SDF.

« Le relogement des 61 sans-abris est une victoire pour nous, indique François Piquemal porte-parole du DAL. Mais cela ne doit pas faire oublier la situation catastrophique à Toulouse ». La préfecture elle-même concède que « la Haute-Garonne connaît des tensions dans le dispositif d’hébergement d’urgence et de mise à l’abri ». Ainsi, le 115 n’arrive pas à satisfaire 90 % des demandes.

« Ce n’est pas qu’une question de nombre de places »

Face à cette situation, « l’État a fourni un effort considérable en augmentant de 35 % le dispositif d’accueil en Haute-Garonne l’an dernier » assure la préfecture. Ce qui porte le nombre de places à 2378, dont 924 places d’hébergement d’urgence dans tout le département. Mais pour le DAL c’est encore insuffisant, « nous estimons que 2000 à 4000 personnes dorment dans leur voiture, dans la rue ou dans des squats rien qu’à Toulouse ».

Un projet de 25 places réservées aux femmes devrait voir le jour au mois d’octobre à Toulouse. À cela s’ajoute la mise à disposition depuis fin juillet de 30 nouveaux lits au pavillon Junod géré par la Croix Rouge, situé dans l’enceinte de l’hôpital Purpan. Le centre l’Escale devrait aussi être transféré dans l’établissement.

Mais selon Joël Saint-Viteux représentant du personnel au sein de l’ONG « le centre de Junod sera trop grand pour proposer un accompagnement efficace, et les SDF ne seront accueillis que pour une semaine. Ce n’est pas qu’une question de nombre de places. Nous demandons que soit créé un lieu de stabilisation ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7 et que les sans-abris puissent obtenir des places pérennes comme c’est le cas à la Ramée aujourd’hui ». Si les salariés de la Croix Rouge ont pour l’heure mis en suspens leur mouvement, le syndicaliste assure qu’ils formuleront des propositions dès le mois de septembre.

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