[Grand angle] Faute de moyens, faut-il limiter les effectifs en psycho ?

UNIVERSITÉ. Peu après la rentrée, la fac de psycho de Toulouse a été paralysée par une grève pendant trois semaines. Le personnel gréviste – qui réclamait plus de moyens – a été entendu par la direction, mais à long terme, la baisse des budgets pose la question de la limitation des effectifs dans cette UFR.

Grêve étudiants Psycho Toulouse
©KevinFiguier/JT

Par Enri Ramousset

Le 16 septembre, le personnel enseignant et administratif a voté une grève pour dénoncer le manque de moyens attribués à cette unité de formation et de recherche (UFR). Une décision rare qui s’explique par «un manque d’équité dans la distribution des moyens depuis plusieurs années», selon Éric Raufaste, le directeur de l’UFR. En Licence 1, il n’y a par exemple qu’un administratif pour plus de 1 500 étudiants.

Après 17 jours de grève, le mouvement a été levé le 5 octobre dernier. « Nous avons obtenu deux postes administratifs, un poste d’enseignant-chercheur et plus d’heures pour les stages et les mémoires », se satisfait Éric Raufaste, « mais cela ne suffira pas si rien ne change. » Entre 2012 et 2016, l’effectif d’étudiants est passé de 4036 à 5200 inscrits et le nombre d’enseignants-chercheurs de 88 à 93. Il manquerait 67 postes d’enseignants-chercheurs pour couvrir les besoins. Du côté de la présidence de l’université, on assure que « les efforts seront reconduits les années à venir, même si cela ne pourra se faire au détriment des besoins des autres UFR, écoles et instituts de l’établissement. »

“Nous récupérons ceux qui n’ont pas pu s’inscrire ailleurs”

Faute d’une hausse des budgets, la solution pourrait passer par une limitation des effectifs. « Bordeaux, par exemple, a restreint à 200 les inscriptions en L1. Ils sont plus de 1000 à Toulouse », compare Éric Raufaste. « Du coup, nous récupérons ceux qui n’ont pas pu s’inscrire ailleurs. »

Solidaires de la grève malgré les cours loupés qu’il faudra récupérer sur les jours dédiés aux stages, certains étudiants ne sont pas opposés par principe à la sélection. « Je ne suis pas contre, mais cela risque d’être arbitraire. Moi qui ai fait un bac éco, aurais-je pu entrer en licence ? » s’interroge ainsi une étudiante de Master 2.

Inscrite cette année en L3 après avoir validé une licence à l’université de Dundee en Écosse, Ségolène Burgy, 24 ans, estime que le système britannique garantit une meilleure qualité des études. « Il y avait presque un ordinateur par étudiant à la bibliothèque », explique-t-elle. Revers de la médaille, les frais de scolarité sont bien plus élevés qu’en France (9900 euros pour les étudiants britanniques non écossais), même si un système de prêts permet aux étudiants de rembourser ces frais en fonction de leurs futurs revenus.

L’Université publique française serait-elle prête à sauter le pas ? « Nous avons une mission de service public », rappelle Éric Raufaste. « C’est une ligne rouge à ne pas franchir pour de nombreux enseignants et pour les étudiants. » Selon la présidence de l’université, aucune réflexion n’est engagée sur ce sujet.

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