Femme, sexe et applis de rencontre

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

IRL. 300 000 rencontres physiques sont possibles tous les jours grâce aux sites et applications de rencontre. Des plateformes qui cherchent à séduire les femmes et pourraient même participer à leur émancipation.  

«En dix ans, j’ai rencontré environ 200 hommes grâce aux applis» lâche Marie, Toulousaine de 29 ans. La jeune femme assume y chercher surtout des relations sexuelles. «C’est la facilité. Il vient, on baise, et il repart comme il est venu».  Selon l’étude de l’Ifop et cam4.fr en 2015, 26 % des utilisateurs de sites de rencontre ont ainsi déjà “conclu” le premier soir avec quelqu’un rencontré sur un site de rencontre. Soit deux fois plus que dans le cadre d’une rencontre en club (13 %) ou lors d’une fête avec des amis (13 %). «Les sites et applications de rencontre modifient profondément nos comportements sexuels», analyse Agnès Giard, anthropologue à l’université Paris Nanterre. «Non seulement ils facilitent les rencontres, mais ils font aussi sauter les inhibitions. Les contacts sont noués en toute impunité, à l’abri des regards et du contrôle social exercés par l’entourage, loin des influences familiales ou amicales. Cela permet aux utilisateurs de se désengager plus facilement d’une relation».

C’est la facilité. Il vient, on baise et il repart comme il est venu

Inscrite tour à tour sur adopteunmec.com et sur Tinder, Marie est rassurée quand elle utilise ces plateformes. «Tu peux regarder les différents profils et les comparer pour trouver une personne avec qui tu as des affinités. Ça me sécurise»,explique-t-elle.

Même si la plupart du temps, les rencontres se passent bien, elle a parfois de mauvaises surprises. En découvrant, par exemple, quelqu’un qui n’a finalement pas la tête de sa photo de profil ou qui s’avère être bien trop possessif à son goût.

«Une photo, ça ne fait pas tout. Nous avons créé notre site en partie parce que nous en avions marre des faux profils», explique-t-on à ‘’Briser la glace‘’, une plateforme toulousaine créée en décembre 2016 et qui compte aujourd’hui près de 15 000 utilisateurs. Pour vérifier le sérieux d’un utilisateur, l’équipe va jusqu’à vérifier son adresse postale en lui envoyant un courrier d’inscription. Il est aussi possible de signaler toute personne, homme ou femme, qui ne correspondrait pas à l’état d’esprit du site. «Vous pouvez à tout moment nous signaler les problèmes de comportement d’un membre du site en cliquant sur les liens ‘’signaler ce boulet‘’ ou ‘’signaler comme fake’’, présents sur tous les profils, ou en alertant nos modérateurs», précise-t-on dans la ‘’charte de confiance ‘’ du site.

Même si elles sont moins nombreuses à sauter le pas (selon une étude du journal Capital basée sur des données de Médiamétrie, sur neuf sites testés, seul adopteunmec.com affiche une majorité d’utilisatrices) et que, pour les motiver, de nombreux sites de rencontre leur proposent une inscription gratuite, les femmes seraient, selon Agnès Giard, les principales gagnantes de ce phénomène. Selon l’anthropologue, ces applications participeraient même à leur émancipation. «Elles sont enfin libres de faire des expériences sexuelles sans se sentir tenues d’être ‘’sérieuses’’, c’est-à-dire de négocier leur corps contre une promesse de mariage. Elles peuvent s’amuser sans penser au lendemain, sans avoir à monnayer leur plaisir en échange d’autre chose».

Marine Mugnier

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