Menacés d’expulsion, des Toulousains se battent pour être relogés

Depuis le début du mois d’avril, les procédures d’expulsion reprennent avec la fin de la trêve hivernale. Un rassemblement a eu lieu devant la préfecture de Haute-Garonne ce jeudi 4 avril 2019 afin de trouver des solutions de relogement pour les personnes concernées.

Expulsions: des toulousains se battent pour être relogés

Le premier avril sonne la fin de la trêve hivernale. Tous les ménages sous le coup d’une décision judiciaire d’expulsion sont à nouveau menacés. C’est pour cette raison qu’une poignée de personnes se sont réunies devant la Préfecture de Haute-Garonne ce jeudi 4 avril 2019. Soutenues par l’association Droit au logement (DAL 31), la Ligue des droit de l’Homme et quelques Gilets jaunes, cinq personnes menacées d’expulsion étaient présentes pour trouver des solutions de relogement. « Le DAL accompagne ces personnes en situation précaire dans leurs démarches administratives et négocie parfois avec les propriétaires en amont de toute procédure », explique François Piquemal, porte-parole du DAL 31.

Entre charges trop lourdes, baisse des allocations pour le logement (APL) et loyers en hausse, certains Toulousains estiment ne plus être en capacité de payer leurs dettes et se logent donc dans des habitats insalubres, au détriment de leur sécurité, estime l’association. D’après le DAL, 15 000 expulsions ont été menées en France en 2017. Michel, ancien SDF ayant trouvé un foyer grâce à l’appui du DAL s’indigne de cette situation : «  Quand on sait qu’à Toulouse, il y a 240 000 m² de bureaux vides et 23 000 logements vacants. »

«  J’ai une grosse épée de Damoclès au-dessus de la tête »

 

D’après les chiffres de la fondation Abbé-Pierre, toutes les 20 minutes, une expulsion a lieu en France. Menacé de renvoi, Tita Feth-Nour vit dans un hôtel en attendant une solution pérenne. Une alternative trouvée avec l’appui du DAL : «  Je vis à l’hôtel depuis quatre mois. Avant, je faisais des allers-retours entre les amis et la famille pour qu’ils m’hébergent. » En tant que demandeur d’asile, Tita est dans l’impossibilité d’obtenir un emploi et « ne touche plus aucune aide depuis quelques mois. »

Jacqueline Naman, une sexagénaire toulousaine, était également présente. Endettée, elle ne peut plus payer son loyer. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle ne bénéficie plus des allocations d’aide au logement. Menacée de devoir quitter son appartement, reconnu comme insalubre par le Service communal d’hygiène et de santé depuis 2014, elle n’a pour le moment pas d’offre de relogement. Quant à Olivier, qui vit dans un appartement de 30 m² à Toulouse depuis une vingtaine d’année, il refuse de payer le loyer de son appartement qu’il déclare comme insalubre depuis sept ans : «  Je vis dans des conditions très difficiles. J’attends ma date d’expulsion, j’ai une grosse épée de Damoclès au-dessus de la tête, que j’aimerai éviter. » « Nous espérons qu’ils vont suspendre les procédures d’expulsion en attendant des solutions », espérait François Piquemal avant d’être reçu en préfecture. Ayant reçu une réponse non satisfaisante à leurs yeux, les manifestants ont prévu une nouvelle mobilisation ce lundi 8 avril.

 

Retrouvez le témoignage complet d’Olivier :

 

Kenza Gros Desormeaux

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