[Et Maintenant ?] Des étudiants syriens bienvenus en Occitanie 

ACCUEIL. À l’image de Mohamed Belal Samie, depuis 2015, cinq jeunes réfugiés syriens poursuivent leurs études à Toulouse grâce à des bourses octroyées par la Région Occitanie. Un dispositif qui vient d’être reconduit et étendu. Neuf nouveaux étudiants syriens arriveront bientôt à Montpellier et Toulouse.  

étudiants syriens
®franckalix/JT

Sur le chemin de la faculté de pharmacie où il étudie ardemment en vue d’obtenir le Paces, le concours organisé à l’issue de la première année commune aux études de santé, Mohamed Belal Samie salue timidement ses camarades de classe. « Tout le monde m’a bien accueilli ici mais on ne se côtoie pas du tout en dehors des cours, il y a vraiment trop de travail », explique-t-il dans un Français bien maîtrisé. Il faut dire aussi que du haut de ses 27 ans, l’étudiant a déjà quatre années de médecine derrière lui en Syrie quand ses camarades sortent majoritairement du Bac. Après le Paces, il espère obtenir des équivalences pour intégrer directement la 3e ou 4e année.

Début mai, cela fera un an que Mohamed Belal Samie est arrivé à Toulouse. Avec quatre autres réfugiés syriens, il fait partie des premiers bénéficiaires des bourses de 500 euros par mois octroyées par la Région Occitanie (Midi-Pyrénées à l’époque) afin de les aider à poursuivre leurs études. C’est à Montpellier, où il s’était installé à son arrivée en France et où il a obtenu le statut de réfugié en mai 2015, que le jeune Syrien a découvert le dispositif sur la page Facebook de l’association Démocratie et Entraide en Syrie, avec laquelle la Région a noué un partenariat. « Poursuivre mes études était le but de ma venue en France, tomber sur une aide comme ça, c’était inespéré. Outre l’aide financière, c’est surtout l’accompagnement pour toutes les démarches qui est très important », raconte le jeune homme. En plus de bénéficier des bourses du Crous et d’une chambre étudiante, il a pu profiter, durant l’été 2016, de 300 heures de cours de Français. Quand il consent à lever le nez de ses cahiers, Mohamed rencontre ses camarades syriens aussi aidés par la Région. Deux d’entre eux sont inscrits en génie civil, un autre à Science-Po et le dernier en génie génétique.

Ils seront bientôt rejoints par neuf autres étudiants. Fin mars, l’Occitanie a voté une nouvelle enveloppe de 80 000 euros pour poursuivre le dispositif et l’étendre à toute la région. Sept seront accueillis à Montpellier et deux de plus à Toulouse. « Ils sont en cours d’identification dans les camps de Zaatari et d’Azraq, en Jordanie, où 70% des 150 000 réfugiés ont moins de 25 ans. Nous avons fixé des critères comme le fait d’être bachelier, d’avoir un niveau d’anglais A2 et d’être enregistré auprès de l’UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés). C’est une goutte d’eau mais cela correspond aux valeurs d’accueil de la Région », assure Michèle Garrigues, élue régionale.

Pour les premiers arrivés, l’aide de 500 euros par mois touche à sa fin. Mohamed Bilel Samie pourra compter sur les bourses du Crous jusqu’à ses 28 ans, l’âge limite. « Après, il faudra absolument que je trouve du travail en parallèle de mes études », lâche-t-il dans un grand sourire teinté d’inquiétude. L’avenir est encore flou pour celui qui a quitté la Syrie car son nom figurait sur une liste d’opposants au régime. Selon l’évolution de la situation, il a ébauché deux scenarii : « Si je rentre en Syrie, ce sera pour être neurologue. Si je reste en France, je me spécialiserai en gériatrie. J’ai observé qu’il y a une très forte demande dans ce domaine ».

 

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