[En Vue] Gabrielle Maris Victorin : pour l’amour d’un père 

Le 7 janvier 2015, l’économiste, journaliste et chroniqueur toulousain Bernard Maris était tué lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Deux ans plus tard, sa fille, Gabrielle Maris Victorin, publie son premier livre, “Prends le temps de penser à moi” dans lequel elle lui rend hommage. Son travail sera présenté le 20 janvier à la librairie Ombres Blanches.

Gabrielle Maris Victorin
©JF Paga

 

Par Israa Lizati

Mémoire – Dans son livre “Prends le temps de penser à moi”, Gabrielle Maris fait « des allers-retours » entre ses souvenirs d’enfance et ceux du 7 janvier 2015. «Après l’attentat, je ne le reconnaissais pas bien sur les photos et les portraits que je voyais.» Elle décide donc de dresser elle-même le portrait intime d’un homme d’une grande intelligence, mais surtout d’un père gai, tendre et aimant. Pour replonger dans des souvenirs parfois lointains, la Toulousaine a fait un travail «de méditation», et demandé «quelques précisions à ma mère et mes tantes.»

Arts – À 43 ans, Gabrielle Maris est régisseuse à l’Opéra de Toulouse.  Pourtant passionnée plus jeune de théâtre et de danse, elle dit s’être retrouvée «par hasard» dans ce milieu et «ne changerait de métier pour rien au monde.» Elle a également toujours aimé écrire mais confie : «C’est grâce à l’encouragement de l’éditeur Grasset que j’ai trouvé la force de me lancer dans ce livre.»

Bulle – Pendant huit mois, elle s’aménage donc des temps d’écriture : «Je volais des moments de mon temps libre, tard le soir, après le travail, la vie de maman et d’épouse.» Et c’est justement pendant ces instants où elle couche sur le papier ses souvenirs et où elle a besoin de conseils, que son père lui «manque le plus.»

Lien – Avec Bernard Maris, elle ne parlait jamais d’économie, «lorsqu’on se voyait, nos discussions tournaient surtout autour de la culture et de la famille.» Comme lui, elle peut lire durant des heures, du Kafka, du Flaubert… «Mon père, je ne le voyais jamais sans un livre à la main.»

Épreuve – «Écrire ce livre n’a pas contribué au deuil, ce processus était enclenché depuis longtemps, sinon, je n’aurais jamais réussi à le rédiger.» Pour Gabrielle Maris, ce recueil n’est ni une biographie, ni un journal intime, mais une «petite lettre d’amour» d’une fille à son père. À travers cet ouvrage, son souhait est de faire en sorte «qu’on se souvienne des travaux de mon père» et que ceux qui le connaissaient y retrouvent un portrait «juste.» 

 

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