[En immersion] Secours Catholique, les amis du petit-déjeuner

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Depuis plus de 20 ans, le Secours catholique organise des repas dès l’aube dans les rues toulousaines. Installée sur un parking de l’avenue de Lyon, une équipe de bénévoles brave le froid du mois de novembre et réchauffe les bénéficiaires le temps d’une distribution de café chaud.

Par Marine Mugnier

«Prenez un Actimel, ça donne des forces». Sur un parking de l’avenue de Lyon, à quelques mètres de la gare Matabiau, une bénévole tend un yaourt à boire à un bénéficiaire. Chaque matin, ils sont au moins deux à venir distribuer gratuitement le petit-déjeuner dans la rue. Deux tables sont dressées devant le groupe de volontaires. Au menu aujourd’hui : céréales, pain, pâte à tartiner, saucisson ou encore fromage. De la nourriture fournie par le Secours catholique et la Banque alimentaire. À côté des thermos de café et des briques de lait, un verre doseur sert de vase à des fleurs en plastique. «L’accueil est magnifique», commente un bénéficiaire. Si le service dure de 7h à 9h, la mission des volontaires commence bien plus tôt. «On se retrouve vers 5h30 à l’Ostalada», raconte Younes, un ancien bénéficiaire devenu bénévole. Dans ce local du Secours catholique situé dans le quartier Arnaud Bernard, l’équipe prépare les munitions, découpe le saucisson et le fromage, chauffe les boissons, remplit des caisses de victuailles et les charge dans une petite camionnette. De quoi nourrir et sustenter la centaine de personnes qui se présente tous les matins.

« On les aide à démarrer une journée qui ne va pas forcément être évidente »

« On les aide à démarrer une journée qui ne va pas forcément être évidente », explique Valérie. Cette retraitée, lunette ronde et cheveux courts, raconte son parcours de bénévole : « Au départ, je suis venue pour dépanner une étudiante qui ne pouvait pas venir pendant une semaine, et puis je me suis prise au jeu. » Dans le froid matinal, de la vapeur s’échappe du café chaud, une source de réconfort qui permet aussi de tisser des liens. Valérie confirme : «Je ne vous cache pas qu’en commençant à distribuer des petits-déjeuners dans la rue, j’ai découvert un autre monde que le mien. C’est arrivé que l’on me traite de bourgeoise, mais ça n’est pas grave et ils ont raison d’ailleurs !» La volontaire sourit, avant d’ajouter : «Mais autour d’un petit-déjeuner, l’ambiance se dégèle.» De l’autre côté de la table, des personnes parfois réfugiées, sans domicile fixe ou sans emploi sont rassemblées et discutent. «Il y a aussi des gens seuls qui viennent là juste pour le lien social», explique Stéphane, un autre bénévole. Hocine, un journaliste réfugié confie : «Ca permet de se retrouver chaque jour au même endroit et puis un café chaud, c’est déjà bien à la maison alors quand on est à la rue, c’est encore mieux !» Tous les jours, il vient retrouver son ami Mohamed et partage le repas avec lui. «Venir ici permet de créer des liens amicaux», se réjouit-il.

Soudain, un bruit de réveil retentit : il est 8h30. Younes, un des bénévoles, arrête l’alarme de son téléphone portable. La deuxième partie de sa journée doit débuter : il est l’heure de partir au travail. Celui qui était de l’autre côté de la table il y a quelque temps, est maintenant surveillant dans un lycée, mais cela ne l’empêche pas de garder du temps pour rendre la pareille. S’il vient ici, c’est parce qu’il considère que se nourrir est «un droit universel.» D’ailleurs, il se dit «plus militant solidaire que bénévole.»

À partir de 9 h, les membres du Secours catholique commencent à débarrasser les tables et à ranger ce qu’il reste de nourriture à l’arrière de leur camionnette. Mohamed et Hocine leur prêtent main-forte, passent la raclette pour nettoyer les tables, portent les thermos jusqu’au coffre de la voiture. «Vous avez la technique, on sent que ça n’est pas la première fois que vous le faites», lance Stéphane à l’adresse des deux hommes qui lui répondent en souriant. Une fois le matériel replié, chacun part de son côté. Les bénéficiaires se rendent à la boutique sociale située quelques rues plus loin, pour prendre une douche. Les bénévoles, eux, n’ont pas fini leur mission : installés dans la camionnette, ils repartent pour le local de l’Ostalada afin de débarrasser et nettoyer les affaires d’aujourd’hui et préparer celles de demain.



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