[Édito] Poubelle la vie

«Vous êtes sûr ?», interroge la boulangère pour la cinquième fois. Un couvercle en plastique à la main, elle n’attend qu’une chose : faire comme d’habitude et couvrir votre café fumant d’un opercule. «Je vous assure, je vais le boire directement, il n’aura pas le temps de refroidir. » Enrouler du papier autour d’une baguette de pain, donner systématiquement des couverts en plastique lorsque quelqu’un commande un déjeuner à emporter, mettre une poche autour du sachet de chocolatines… Autant de réflexes, pas toujours utiles, que le commerçant, comme le client peuvent remettre en question. Il ne s’agit pas de devenir des psychorigides de l’emballage, des coincés de l’opercule, des fascistes du zéro déchet, mais plutôt de reprendre le contrôle. Les avantages écologiques de cette démarche ne sont plus à prouver, mais le sujet n’est pas qu’environnemental.

 Il ne s’agit pas de devenir des psychorigides de l’emballage, des coincés de l’opercule, des fascistes du zéro déchet, mais plutôt de reprendre le contrôle.

Dans le dossier de cette semaine, nous apprenons par exemple que les habitants du Sicoval, en prenant soin de leur consommation et donc de leur quantité d’ordures, font des économies. Nous sommes aussi allés à la rencontre d’une adepte du zéro déchet. Être plus lucide sur la quantité de détritus qu’elle produit fait d’elle une consommatrice plus heureuse. Autre rencontre, autre style : une bénévole de l’association Disco Soupe nous explique qu’il est difficile pour elle de jeter de grandes quantités de nourriture alors que d’autres n’ont pas assez à manger.

Que cela soit par soucis écologique, économique, par solidarité ou simplement par envie de ne plus être un consommateur passif, on ne peut plus le nier : une meilleure gestion des ordures, c’est tendance. Le succès des blogs et des livres sur le sujet, l’adoption de lois, les efforts de collectivités pionnières en ce sens en attestent. Réduire ses déchets n’est plus une utopie. De nombreuses solutions existent aujourd’hui pour aider citoyens, entreprises et collectivités à passer le pas. Il n’y a plus qu’à oser se poser la question. « Vous êtes sûrs de vouloir un opercule sur votre café ? »

 



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