[Edito] Un peu plus loin des étoiles

Avez-vous déjà aperçu la Grande Ourse en levant les yeux depuis la place du Capitole ? Si la réponse est non, vous faites partie des 80 % d’humains qui ne voient plus la Voie Lactée. La nuit, nous devrions pourtant pouvoir distinguer entre 4 000 et 6 000 points lumineux à l’œil nu. Tout au plus, à Toulouse, comme dans la majorité des grandes villes, se comptent-elles sur les doigts d’une main. La faute au halo lumineux se dégageant des éclairages publics et des enseignes des magasins.

« Le spectacle d’une ville éclairée la nuit est certes magnifique, mais à quel prix ? »

Nous nous consolons avec un autre spectacle. Celui des villes se parant de mille feux une fois la nuit tombée. Car si la majorité d’entre nous convient volontiers qu’il est nécessaire d’éteindre la lumière lorsque l’on quitte une pièce, force est de constater que nous sommes attirés, comme les insectes s’agglutinant aux lampadaires, par les paysages et les bâtiments habillés de lumière. En témoignent les étoiles plein les yeux des passants devant les illuminations de Noël. Le nombre de curieux prenant des photos des berges toulousaines de la Garonne depuis le Pont Neuf. Ou encore, dernièrement, les clichés de nuit de Lyon ou Paris pris depuis l’espace par l’astronaute Thomas Pesquet et qui se sont répandus sur les réseaux sociaux comme une pluie d’étoiles filantes.

Le spectacle d’une ville éclairée la nuit est certes magnifique, mais à quel prix ? À la pollution atmosphérique s’ajoute en effet celle de la lumière artificielle, néfaste pour la santé des êtres vivants, qu’ils soient humains ou animaux. Mais cet argument est difficile à entendre tant l’imaginaire collectif entourant la lumière est positif. Elle incarne à elle seule le savoir, le progrès, la sécurité, voire les divinités quand l’obscurité, synonyme de ténèbres, de danger ou d’ignorance cristallise toutes les peurs.

Une fois de plus, le porte-monnaie se charge de nous rappeler à la raison. Confrontées à des budgets de plus en plus contraints les communes réfléchissent désormais à rationaliser leur éclairage public. Peut-être pourrons-nous un jour apercevoir la Grande Ourse en levant les yeux depuis la place du Capitole ?

 



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