[Edito] Mettre la misère à la misère  

«Misère, misère ! C’est toujours sur les pauvres gens, que tu t’acharnes obstinément.» Ainsi chantait Coluche en 1978. Parlerait-il aujourd’hui des «pauvres jeunes gens» ? Sûrement, car les 20-29 ans vivant en France sous le seuil de pauvreté sont de plus en plus nombreux. Peu ou pas qualifiés, ces jeunes collectionnent les petits boulots mal rétribués et précaires. Ils vivotent, peinent à payer leurs loyers, rognent sur leurs dépenses de santé ou d’alimentation. Vivant parfois au jour le jour, sans perspectives d’avenir, comment peuvent-ils se projeter, ces jeunes qui auront la charge de la société de demain ?

« Quand on est à terre, il ne faut pas hésiter à saisir les mains tendues. »

La crise économique, celle qui n’en finit pas de se terminer, explique une bonne partie de leurs difficultés. L’inégale répartition des richesses aussi. Faut-il rappeler qu’en 2015, la rémunération moyenne annuelle des présidents exécutifs du CAC 40 a dépassé 240 Smic ?

L’inventaire des causes de la pauvreté des jeunes n’est pas inutile, mais à notre niveau fait-il avancer le Schmilblick ? Pas sûr. À la rédac’ du Journal Toulousain, on s’est demandé s’il était possible de sortir de la galère. Volonté, coups de chance et coups de pouce peuvent aider à sortir son pied de l’ornière. Dans notre dossier, des jeunes expliquent comment ils ont repris confiance en l’avenir grâce à un emploi aidé ou à une place dans un foyer pour jeune travailleur. Quand on est à terre, il ne faut pas hésiter à saisir les mains tendues.

La Constitution de 1958 consacre la fraternité dans notre devise nationale. Celle de 1848 l’explicite : «La République doit, par une assistance fraternelle, assurer l’existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travail dans les limites de ses ressources, soit en donnant, à défaut de la famille, des secours à ceux qui sont hors d’état de travailler.» C’est sur cette République fraternelle que les jeunes en difficulté doivent pouvoir compter.



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