[Édito] Jusqu’ici tout va bien

Jusqu’ici, tout va bien. Les Pyrénées sont encore régulièrement recouvertes de leur manteau blanc l’hiver. Les étés à Toulouse sont encore globalement supportables, en dehors des quelques épisodes de canicule. Nous ne subissons pas non plus des inondations à répétition.  

Jusqu’ici tout va bien. Nos assiettes sont encore, pour la plupart d’entre nous, bien remplies et diversifiées, les sécheresses n’anéantissent pas des récoltes toutes entières. Nous buvons encore du vin à 12°C produit en France. Toulouse n’étant pas près de la mer, elle n’est pas touchée par l’érosion des côtes, pas plus que par la montée des eaux. Pour nos vacances, nous pouvons encore songer à programmer un voyage dans les petites îles du Pacifique.

Jusqu’ici, tout va bien. Les responsables politiques ont montré leur capacité à se mettre d’accord pour déclarer collectivement qu’il convient de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Lors de la COP21 qui s’est tenue à Paris l’an dernier, une centaine d’Etats se sont mis d’accord sur le principe de limiter à 2°C l’augmentation de la température à la surface du Globe.

Jusqu’ici, il existe donc 1000 raisons de penser que le réchauffement climatique ne nous concerne pas directement. Et pourtant si l’on enlève nos œillères, 2016 a encore battu des records de chaleur. Dernière nouvelle en date, l’élection d’un climato-sceptique à la présidence des États-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, pourrait montrer à quel point les accords internationaux sur le climat sont fragiles. Rien n’oblige en effet Donald Trump à réduire d’ici à 2025 les émissions de gaz à effet de serre de 26 % à 28 %, comme le recommande la contribution américaine publiée en 2014.

Mais malgré tout, jusqu’ici, des raisons d’espérer existent. Les États réunis en ce moment pour la COP22 à Marrakech doivent formuler leurs engagements concrets. Une conférence qui se clôturera, rêvons un peu, sur un sursaut d’engagement. Et si d’aventure ils échouaient, peut-être prendrons-nous conscience que la solution aux enjeux climatiques est aussi entre nos mains, citoyens et entreprises. L’espoir est encore permis. Jusqu’ici donc, tout va bien.



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