[Edito] Chirurgiens des cœurs brisés

La dinde est sur la table. Toute la famille de Myriam est là, rit de bon cœur. Chacun raconte ses dernières histoires croustillantes. Le tableau est jovial, tout le monde s’amuse. Sauf elle. Elle donne le change, mais elle n’est pas là.

Chez Patrick, la télé est allumée en continu, branchée sur les “Feux de l’amour”. Plutôt reposant comme retraite. Pourtant, ses yeux restent fixés sur le téléphone. Ses petits-enfants ne le rappellent toujours pas.

La femme de Bertrand rentre du travail. Elle est là, juste devant lui, mais il lui est impossible de lui parler de ce mal qui le ronge. Il ne décroche pas un mot, garde son histoire pour lui.

Le sentiment de solitude touche de plus en plus de Français. Et cassons les clichés : il ne frappe pas uniquement les veufs, les personnes vivant à la campagne où celles sans domicile fixe. Cette année, selon une récente étude du Crédoc, un Français sur dix est considéré comme seul. Si ce n’est pas nous, quelqu’un de notre entourage est donc forcément concerné. Pourtant, à l’heure où l’on brille en société en affichant son nombre d’amis Facebook, et où le “like” devient une drogue, le sujet reste tabou. Difficile d’appeler au secours, compliqué d’être entendu.

Il est prouvé scientifiquement que l’isolement social réduit les défenses immunitaires, et peut entraîner arthrite, diabète ou maladies cardiaques. Et si l’on considérait la solitude subie comme une maladie ? Un mal dont le remède serait à la portée de tous : un sourire dans le couloir de l’immeuble, un mot gentil lors de la fête de Noël du bureau, un « comment ça va ? » lors d’un déjeuner de famille. Pour réparer les cœurs brisés, nul besoin de diplôme.

Cette semaine, le JT est parti à la rencontre de voisins, de bénévoles, de personnes qui tendent une main, discutent, s’intéressent, se préoccupent. Ceux qui soignent sans le savoir.



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