[Dossier] Un stage de désobéissance civile

©RémiBenoît
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MUTIN – Sur desobeir.net, il est possible de s’inscrire à un stage de deux jours afin de se former à la désobéissance civile. Une formation ouverte à tous publics, militants ou pas, activistes ou non.

« Tout le monde est le bienvenu, mais dans les faits, ceux qui viennent nous voir ont déjà de l’expérience. Ils ont constaté l’inefficacité des mobilisations classiques », explique Laurent, un des formateurs, qui préfère rester dans l’anonymat. Durant ce stage, pour 150 euros par jour, on apprend à élaborer une stratégie et à préparer son action : le repérage des lieux, le message délivré, le déroulement technique, la répartition des rôles, etc. La formation est agrémentée de mises en situation, dans un défilé imaginaire, un commissariat fictif ou devant les caméras de faux journalistes. Et l’accent est mis sur les dangers de la méthode, comme celui de se blesser ou de se faire arrêter par la police : « Pratiquer la désobéissance civile a de quoi faire peur. Le but de la formation est d’être efficace sur le terrain, tout en limitant les risques au maximum. »

Qu’ils fauchent les OGM ou les chaises, démontent des panneaux publicitaires, dégonflent les pneus de 4×4 de ville, inspectent des sites nucléaires, ou qu’ils hébergent des sans-papiers, les désobéissants sont toujours non-violents. Par principe et par stratégie : « À ce jeu-là, les forces de l’ordre gagnent toujours. Alors, nous utilisons la créativité et la ruse. » Par exemple, Laurent est membre des Clowns Activistes : un groupe qui tente d’amuser les CRS dans les manifestations, « pour y faire baisser la tension et gagner du temps avant qu’ils ne chargent. » Lors du blocage d’un congrès sur les énergies fossiles, à Pau, en avril 2016, il se souvient des militants forçant les barrages sans aucun heurt… avec des poussins dans les bras ! Laurent cite également ceux qui montaient dans les arbres ou s’enterraient dans les chemins pour empêcher le passage des bulldozers à Sivens, ou le dernier campement sur la route menant à Val Tolosa, pour stopper les travaux du projet de centre commercial.

Début août, Laurent est allé enseigner ses techniques à un demi-millier de militants d’Action non-violente COP 21, durant leur camp climat, à Maury, dans les Pyrénées Orientales : « C’était une véritable université de la désobéissance ! Il n’y a que par la pédagogie que nous parviendrons à massifier ces actions, sensibiliser les consciences et donner de l’espoir. »

 

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