[Culture] La Compagnie Danse des Signes investit le musée des Abattoirs.

OUVERTURE.  Quand art et public s’entendent. Danseurs et comédiens proposent jusqu’à samedi un parcours autour de l’exposition de Raphaël Zarka et Aurélien Froment. Une autre manière de découvrir l’art contemporain et de le rendre accessible à tous. 

Compagnie Danse des Signes
@Darrigrand

«Une exposition, c’est ce que l’on nous donne à voir mais aussi ce que l’on en fait. Eux se sont complètement réapproprié l’espace.» Laurence Darrigrand, responsable du service des publics du musée des Abattoirs, décrit le parcours créé par la Compagnie Danse des Signes. Une initiative originale qui mêle danse, théâtre et musée.

Au milieu des mosaïques d’images et des sculptures en bois de l’exposition d’Aurélien Froment et Raphaël Zarka, deux danseurs-comédiens déambulent, accompagnés par la musique du beatmaker Riot. «C’est une autre façon d’aborder l’art contemporain que le public pense souvent cloisonné», explique la responsable. «J’espère que nos jeux leur permettent d’entrevoir cet univers et d’en comprendre quelque chose», ajoute Julia Pelhate, une des danseuses. Ce parcours a été imaginé par la chorégraphe Lucie Lataste, qui confie avoir été facilement inspirée par ce contexte de travail original : «L’imagination vient très vite car le décor est déjà posé», raconte-t-elle. Mais les danseurs ont dû s’adapter à des contraintes inhabituelles : « Nous ne pouvons pas choisir des mouvements larges et n’avons qu’un petit espace pour jouer afin de permettre au public de nous voir tout en observant l’œuvre », explique l’une des comédiennes.

Le lieu de représentation n’est pas la seule particularité de l’évènement. Si cette déambulation entre la centaine de créations attire ceux qui ne sont pas friands d’art contemporain, un autre public est également attendu. «La représentation est ouverte à tous, avec une attention particulière pour les personnes sourdes», explique la chorégraphe Lucie Lataste. Ainsi les différents tableaux scéniques proposés par des comédiens et danseurs sourds, sont ponctués d’intervention en langue des signes. Un ballon est également distribué aux spectateurs « pour qu’ils puissent ressentir les vibrations de la musique et rentrer physiquement dans l’exposition », décrit-elle.

À l’heure où les expositions et représentations culturelles destinées au public sourd sont encore rares, la danseuse compare ce parcours à une forme de militantisme: «Pour beaucoup de personnes sourdes, aller au musée ou au théâtre relève presque de l’exploit. Elles ont souvent eu un cursus scolaire très difficile, on ne leur a jamais permis d’apprendre l’art ou la culture en général. C’est donc une façon de dire : “oui, nous pouvons nous mettre en scène, danser, jouer sur de la musique et sentir le rythme”», ajoute Julia Pelhate.

De quoi ouvrir l’esprit du public atteint de surdité mais également de faire de la pédagogie auprès des personnes entendantes. Et ça marche : «A la fin de nos représentations, beaucoup de personnes sont venues nous voir et nous ont demandé si nous étions vraiment sourds et comment nous faisions pour entendre la musique», se réjouit Julia Pelhate.


 

Infos pratiques :

Prochaines représentations : jeudi 5 janvier à 18h30, vendredi 6 janvier à 15h30 et samedi 7 janvier visite guidée LSF à 14 h 30 et spectacle à 15h30. Entrée gratuite.

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