[Edito] Ni chômeur fainéant ni patron tyran

« Ma naïveté m’apparaît brusquement. Avec davantage de résolution que d’expérience, je suis venue à Caen chercher un emploi, persuadée que je finirais par en trouver un puisque j’étais prête à tout. J’imaginais bien que les conditions de travail pourraient se révéler pénibles, mais l’idée qu’on ne me proposerait rien était la seule hypothèse que je n’avais pas envisagée. » C’est par ces phrases que la journaliste Florence Aubenas, se faisant passer pour une femme n’ayant jamais travaillé, raconte son expérience de recherche d’emploi dans son ouvrage ‘’Le quai de Ouistreham’’.

Une phrase qui résume la complexité de la recherche de travail, où des personnes compétentes en viennent à être éloignées de ce marché. Et qui casse l’idée reçue selon laquelle «si l’on veut travailler, on trouve ! » Qu’il suffit de «se bouger», d’envoyer des centaines de CV, de savoir se présenter sous son meilleur jour au recruteur, bref de «se vendre». De ce point de vue, ne pas décrocher un emploi est forcément un peu la faute du chômeur lui-même.

insertion sociale par le travail
Hélène Ressayres

De l’autre côté du bureau, les clichés ont aussi la vie dure. Trop exigeants, déconnectés de la réalité, plus obnubilés par leur profit que par le bien-être de leurs salariés, les recruteurs sont souvent perçus comme très réticents à embaucher autre chose que la perle rare. Et pourtant.

Entre ces deux figures du chômeur fainéant et du patron tyran, il existe un monde. Les entreprises d’insertion en sont une illustration. Dans ces structures, les dirigeants, conscients du rôle social qu’ils ont à jouer, décident de donner leur chance à des personnes très éloignées de l’emploi, que le monde compétitif ignore. À travers l’acquisition de compétences, ils leur offrent un tremplin vers un retour dans le marché du travail que ni Pôle Emploi, ni leurs efforts personnels ne leur avaient permis d’obtenir jusque-là. Un engagement qui n’empêche pas à ces entreprises de remplir leurs carnets de commandes ou d’être compétitives. Ce sont ces acteurs moteurs de l’insertion que le JT a décidé de mettre en lumière cette semaine.



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