Blagnac réglemente l’installation des nouveaux compteurs Linky

Après Portet-sur-Garonne et Castres, la ville de Blagnac a pris un arrêté pour maintenir la liberté de choix des habitants sur le déploiement du Linky. Une manière de répondre à l’inquiétude grandissante autour de ces nouveaux compteurs électriques…

Compteur Linky
®Franck Alix

On ne peut pas accuser la ville de Blagnac, cité d’Airbus, d’être un bastion d’hostilité aux nouvelles technologies. Pourtant, le 17 mai dernier, la municipalité a pris un arrêté réglementant l’implantation des compteurs électriques Linky : « Un élu ne peut pas être sourd aux inquiétudes de sa population », explique Joseph Carles, le maire. En effet, d’une réunion publique à une pétition rassemblant près de 500 signatures, la mobilisation citoyenne est massive. Après Castres dans le Tarn et Portet-sur-Garonne dans le Muretain, Blagnac est donc la première ville de la métropole toulousaine à fixer des conditions précises pour le déploiement de ces compteurs, prévu d’ici 2021. « Il ne s’agit pas de les interdire mais de laisser le choix », souligne Joseph Carles.

« L’usager, qu’il soit propriétaire ou locataire, doit être clairement informé au préalable de la pose d’un compteur communiquant et doit pouvoir exercer son droit de refus par lettre simple. Aucun appareil ne pourra être installé sans l’accord formel, exprimé en toute liberté, de l’utilisateur concerné », stipule l’arrêté. Une initiative saluée par le collectif local d’opposants : « C’est une très bonne nouvelle, inattendue car très peu de maires se sont prononcés ainsi », indique Fabien Capella, membre du collectif anti-Linky blagnacais. Selon lui, « cette mesure symbolique peut faire basculer les indécis » même si « elle n’empêchera pas les poses forcées de compteurs » qui ont été parfois constatées dans d’autres villes de la région.

« Ne pas interdire mais laisser le choix »

Pourquoi une telle fronde ? Les opposants brandissent de multiples arguments : d’une part, la protection des données personnelles, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ayant déjà alerté sur des cas d’abus sans le consentement éclairé et explicite des utilisateurs. Le responsable territorial d’Enedis (ex-ERDF), Gaëtan Gueguen, se veut pourtant rassurant : « Il est compréhensible que les gens s’interrogent, mais si des débordements ont eu lieu, c’est à la marge », commente-t-il, rappelant que la loi dispose « l’obligation de poser ces compteurs, qui seront la propriété des syndicats départementaux de l’énergie ». « En revanche, les données appartiennent bien aux clients et ne sont envoyées qu’au fournisseur d’électricité ».

Mais pour ses détracteurs, ce n’est pas le seul inconvénient de Linky : outre la controverse autour des ondes qu’il émet, pour lesquelles une étude est en cours de réalisation à Blagnac, il n’aurait pas la souplesse des anciens compteurs en cas de dépassement de la puissance autorisée, contraignant à augmenter le prix de l’abonnement. Enfin, Fabien Capella dénonce « une vision globale néfaste, avec des appareils prévus pour durer dix ans, intégrés à un système électrique plus large ». Ou comment, à partir d’un petit boîtier vert, c’est finalement toute une manière d’envisager le monde qui se dessine.



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