Avec les greeters, découvrez le Toulouse des autochtones

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

EXPERIENCE – La plateforme communautaire en ligne Toulouse Greeter met en contact visiteurs et hôtes bénévoles pour découvrir autrement et gratuitement la ville. Davantage une rencontre amicale qu’une visite guidée, chaque ’’greet’’ est un moment de partage autour de passions communes : gastronomie, photographie ou histoire de l’aéronautique…

Il fait déjà très chaud sur le square Charles de Gaulle, au pied de l’office du tourisme. Elias Elie Beniflah, artiste-peintre et ingénieur retraité, attend Cesar et Pepi, le couple de greeters espagnols à qui il va faire découvrir sa ville ce matin. Apparus en 1992 à New York sur un modèle de tourisme collaboratif, les greeters ont rencontré un franc succès et regroupent plusieurs fédérations nationales à travers le monde. À Toulouse, depuis la création du groupe il y a quatre ans, les demandes de visite ont explosé. Aujourd’hui, une vingtaine de volontaires, qui ont passé un entretien et signé une charte, se partagent plus d’une centaine de circuits par an.

Un prétexte à la rencontre

C’est sur les marches du donjon, un plan à la main, que notre hôte du jour fait les présentations et interroge ses invités sur leurs centres d’intérêt. Passionné de course à pied et greeter aguerri, il connaît Toulouse comme sa poche. « Une de mes spécialités, c’est de localiser les fresques. Parfois, quand je tombe sur un greeter sportif, on fait la visite au pas de gymnastique. Je m’adapte aux attentes des uns et des autres », s’amuse-t-il. Pour leur deuxième séjour dans la Ville rose, Cesar et Pepi souhaitent simplement découvrir son Toulouse à lui. Elias opte donc pour un parcours qui passera par la Basilique Saint-Sernin, le Bazacle, ou encore l’Hôtel d’Assézat.

Quand je tombe sur un greeter sportif, on fait la visite au pas de gymnastique. Je m’adapte aux attentes des uns et des autres.

Avant de partir, impossible de faire l’impasse sur le Capitole et la grande croix occitane au milieu de l’esplanade. Après quelques précisions historiques sur les Capitouls, Elias rappelle qu’il n’est pas un guide professionnel et que ses connaissances sont forcément lacunaires. Pourtant, il ne cesse de parler et de commenter son environnement. Sous les arcades de la place, il fait remarquer les peintures représentant Carlos Gardel et ’’La mort du soldat républicain’’. Une discussion s’engage, mêlant le français et l’espagnol, sur les conditions de la prise de vue du cliché historique. Loin d’être une barrière, la langue est un point de rencontre, chacun éprouvant un plaisir non dissimulé à pratiquer celle de l’autre.

Sur les traces de l’Aéropostale

La première surprise ne se fait pas attendre. À deux pas de la place, Elias entre dans le hall d’un hôtel. Celui du Grand Balcon, inscrit au patrimoine historique, est en fait un lieu d’escale de l’Aérospostale et a notamment hébergé Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry. Devant les portraits photographiques des pionniers de l’aviation, Elias souligne le rôle prépondérant de l’aéronautique dans le développement et le dynamisme de la ville.

Au bout de la rue du Taur, on ne s’attarde pas dans la basilique Saint-Sernin. Le petit groupe préfère flâner à l’ombre, dans le discret jardin du Musée Saint-Raymond, avant de continuer sa promenade. Le long de la faculté de droit, Elias évoque quelques anecdotes de sa vie d’étudiant : « On assistait aux cours dans de grands et raides amphithéâtres. Une année, un très vieux monsieur s’était inscrit et les étudiants étaient obligés de le porter pour qu’il prenne place

Plus loin, une longue palissade métallique ferme un chantier. Des tags se succèdent, épuisant toute la palette des couleurs et des typographies alambiquées. Féru d’art de rue, Elias ne résiste pas au plaisir d’éclairer les visiteurs sur cette discipline : « Le graffiti a une dimension de performance. L’artiste pose son nom, dans un endroit le plus inaccessible possible, puis prend une photo avant qu’il ne soit recouvert ».

Un petit tour et puis une tournée

Sur le quai Saint-Pierre, le trio s’accorde un répit pour contempler le panorama. La lumière est belle et incite au silence… Du haut de la digue, le guide bénévole désigne quelques bâtiments emblématiques : la coupole de la Grave, le Château d’eau ou le musée des Abattoirs, puis emmène ses hôtes à la découverte d’une turbine Pelton, dans la centrale électrique du Bazacle.

De retour au Capitole, Cesar offre sa tournée. De quoi faire connaissance autour d’une assiette de bretzels. Pour sa première expérience, le couple est enchanté. « C’est comme faire une visite avec un voisin. On peut interagir de manière plus naturelle qu’avec un guide professionnel qui a ses trajets prédéfinis », se félicite Pepi, qui envisage déjà de devenir hôte et d’intégrer les greeters à Madrid.

+ infos pratiques www.toulousegreeters.fr

Nicolas Belaubre

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