Après le NON, les sans-voix britanniques passent à l’action

Deux semaines après le Brexit, les Britanniques de la région se mobilisent. Un passage à l’action indispensable pour ces “Britannico-Toulousains”. La majorité d’entre eux n’a pas pu voter le 23 juin. Après le choc et le deuil, l’heure est à la mobilisation. Avec un objectif : rester Européens.

Par Vanessa Stone

©Becky Jacobs
©Becky Jacobs

Grahame Pigney, originaire de Manchester, habite à Limoux. Il est à l’origine de “Say Yes to Europe”. Cet ensemble de groupes Facebook rassemble déjà près de 5 000 membres et reçoit une nouvelle demande d’adhésion toutes les cinq minutes en moyenne. “Remain in France Together”, un groupe similaire, était rejoint par 1 400 personnes dans les 48 heures qui ont suivi le référendum.

Grahame Pigney encourage les expatriés à s’exprimer : « Vous n’avez peut-être pas pu voter mais vous avez une voix ! Faites-vous entendre ! » Il a notamment partagé un lien vers les adresses mail de tous les députés britanniques, pour permettre aux gens de faire entendre leur voix au Parlement. SY2Europe lance aussi un crowdfunding. Il souhaite ainsi financer un recours légal contre l’éventuel déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne. Ce fameux article par lequel le processus de sortie de l’Union européenne serait lancé…

Autre action de “résistance”, à Toulouse cette fois. Au Jardin culturel, centre de langues près de St Sernin, James Tyrrell propose une réduction de 30% sur ses cours intensifs de Français, langue étrangère. Il s’adresse à tous les expatriés britanniques qui souhaitent demander la nationalité française. James Tyrrell précise : « Ce n’est pas une opération commerciale – je ne ferai pas de bénéfices sur ces cours. Le geste est vraiment né d’une envie de “faire quelque chose” à mon niveau, face à ce résultat terrible ».

Il y aurait jusqu’à 200 000 Britanniques à Toulouse et dans le Sud-Ouest. Nombreux sont ceux qui vivent ici depuis plus de 15 ans et ont donc perdu leur droit de vote pour la décision la plus importante de l’histoire de la démocratie britannique.

La minorité qui a pu voter s’est, d’après des sondages informels, exprimée massivement pour “Remain”. Pour rester, poursuivre, avancer, ensemble…

Un vote qui n’a donc pas été majoritaire, et qui explique en partie la violence du choc pour ces nombreux Britanniques amoureux de la région, mais aussi de leur pays et de l’Europe.

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