[Dossier] Agriculture : les propositions des candidats passées à la loupe

Trop « libéral » ou « électoraliste ». C’est ainsi qu’Alexandre Belin, à la tête d’une ferme maraichère bio à Seysses et cofondateur de Macadam Gardens, un bureau d’étude et de maitrise d’œuvre en agriculture urbaine, juge les programmes des candidats. 

Agriculture
Kevin Figuier / JT

« L’argent du plan de relance de l’agriculture de 5 milliards d’euros sur 5 ans proposé par le candidat d’En Marche ! risque d’être accaparé par les grosses exploitations agricoles. Elles courent après les rendements, en automatisant de plus en plus, comme la ferme des 1000 vaches », explique Alexandre Belin. 

Le candidat d’En Marche ! se dit en faveur de la recherche sur les OGM, mais Alexandre Belin propose plutôt de favoriser le développement de l’agroécologie. « Au vu des dégâts des pesticides, il faut former les nouveaux agriculteurs à ces méthodes de culture afin de préserver la biodiversité et aussi la santé. » Le consentement d’Emmanuel Macron aux traités de libre-échange transatlantiques (TAFTA, CETA) « serait une catastrophe pour les filières d’élevage françaises étant donné que les normes ne sont pas les mêmes aux États-Unis et au Canada».

La proposition de Marine Le Pen de sortir de la Politique agricole commune (PAC) ne le séduit pas non plus. « La plupart des agriculteurs vivent grâce aux subventions de l’Europe », commente Alexandre Belin. Quant au projet d’appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français, l’ingénieur craint des représailles. « Si les pays où l’on exporte font de même, cela pourrait être catastrophique pour certaines filières comme le fromage ou le vin », commente Alexandre Belin, en référence à l’embargo des États-Unis sur le roquefort.

Le cofondateur de Macadam Gardens approuve en revanche l’idée d’En Marche ! de faciliter l’accès au foncier en mettant en place des outils de financement « parce qu’il est de plus en plus difficile de trouver des terres, surtout en Haute-Garonne ». L’ingénieur valide également le projet de la candidate frontiste d’un adossement au régime général de la sécurité sociale. « La mutualité sociale agricole est injoignable et met énormément de temps pour nous rembourser », ajoute-t-il, avant de conclure : « En bref, le programme d’Emmanuel Macron me fait très peur pour les petites exploitations et celui de Marine Le Pen est plutôt bon mais électoraliste et irréalisable. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.