À Toulouse, l’opposition se cristallise contre le projet Teso

L’enquête publique, dont les conclusions sont attendues à la fin du mois, aura au moins permis à l’opposition d’acter officiellement son rejet du projet Teso. Le gigantesque réaménagement du quartier de la gare Matabiau sera, à coup sûr, un enjeu majeur des prochaines municipales.

La future tour Occitanie est toujours contestée
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Alors que la commission chargée de l’enquête publique sur le projet de réaménagement du quartier Matabiau, qui s’est achevée le 30 avril dernier, devrait rendre ses conclusions d’ici la fin du mois, le suspense n’est pas vraiment de mise du côté de ses opposants. « La commission d’enquête publique n’est que consultative et nous doutons très fortement qu’elle émette un avis défavorable. Nous espérons simplement qu’elle retienne quelques-unes des réserves qui ont été avancées », résume Richard Mebaoudj, porte-parole de l’association Non au gratte-ciel de Toulouse.

En ce moment même, ladite commission ne doit en effet pas manquer de travail, car les contributions ont été nombreuses. Plusieurs associations de quartier ou de défense de l’environnement ont profité de la procédure pour pointer du doigt certains éléments précis du projet, comme la création d’un nouvel axe routier risquant d’augmenter la circulation et la pollution dans le secteur, ou l’insuffisance de stationnement vélo dans le périmètre la Tour Occitanie.

La légitimité de la présidente de la commission d’enquête en question

Au niveau politique, l’enquête publique a aussi été l’occasion pour l’opposition d’acter clairement son rejet du projet, pourtant initié en 2009 sous la mandature de Pierre Cohen. « Nous regrettons que le programme Teso, pourtant utile à Toulouse, ait été dénaturé de ses ambitions originelles. La majorité actuelle a sauté bien des étapes de dialogue qui auraient permis de trouver une légitimité auprès des riverains », ont écrit les élus du groupe Génération.s, dont l’ancien maire socialiste fait partie.

Ces derniers alertent la commission d’enquête sur les risques de déstabiliser les commerces du centre-ville, de renforcer la non-mixité sociale dans le quartier ou de nuire à l’identité urbaine toulousaine. Estimant qu’« un autre Teso est possible », les conseillers municipaux écologistes ont également émis un avis défavorable sur le projet. Ils lui reprochent notamment de ne pas suffisamment prendre en compte les enjeux climatiques et énergétiques.

« Nous sentons bien que tout est joué d’avance »

Jean-Luc Moudenc a, lui aussi, apporté sa contribution, portant principalement sur sa volonté de veiller au dimensionnement de l’offre commerciale. Le maire de Toulouse, qui a pourtant récemment concédé « des faiblesses dans certaines concertations », n’a pas attendu les conclusions de l’enquête pour annoncer son souhait de délivrer le permis de construire de la Tour Occitanie, élément emblématique du projet. « Nous sentons bien que tout est joué d’avance. Il faut savoir que la présidente de la commission d’enquête Teso est la même que lors du plan local d’urbanisme (PLU) de 2016. C’est elle qui avait alors entériné l’idée d’une tour sur le terrain de l’ancien tri postal et même recommandé la hauteur de 150 mètres », souligne Richard Mebaoudj.

Dans l’attente de la réponse du tribunal sur son recours contre la première modification simplifiée du PLU de Toulouse qui exonérait la Compagnie de Phalsbourg (promoteur immobilier de la Tour Occitanie) de ses obligations en termes de logement social dans le futur immeuble, l’association Non au gratte-ciel de Toulouse prévoit déjà un audit du futur permis de construire, ainsi qu’un recours en annulation de ce dernier éventuellement suivi d’un référé en suspension de travaux.

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