À Saint-Antonin-Noble-Val, les opposants au label Grand Site ne désarment pas

En juin dernier, un collectif d’habitants de Saint-Antonin-Noble-Val a lancé une pétition contre la labellisation Grand Site Occitanie de leur village. Un projet de coopération entre les collectivités locales et la Région pas encore signé, et pourtant déjà effectif depuis plus d’un an.

Saint Antonin Noble Val
© @lain G

Ils ont peur de voir leur village transformé en produit d’appel et défiguré par le tourisme de masse. En juin dernier, une douzaine d’habitants de Saint-Antonin-Noble-Val ont lancé une pétition pour s’opposer à la labellisation Grand Site Occitanie de leur village. En effet, le projet de contrat qui officialise la participation des communautés de communes du Grand Villefranchois et de Quercy-Rouergue-gorges de l’Aveyron (CCQRGA), dont fait partie Saint-Antonin-Noble-Val, au dispositif de développement touristique de la Région attend toujours sa signature.

Celle-ci, un temps envisagée fin juin, a été reportée. Pour de simples raisons de disponibilité des élus, selon Denis Ferté, adjoint au maire et vice-président du conseil communautaire. « Cet acte est purement protocolaire. Tous les dossiers ont déjà été validés et notre adhésion au programme est effective depuis le mois d’avril 2018. »

Pas de marche arrière envisageable

Mais pour le Collectif intercommunal Libreval, à l’origine de la pétition qui a déjà recueilli près de 1 300 signatures, cette candidature n’est pas une évidence. « Nous demandons une suspension du processus et que la collectivité nous communique le projet de contrat afin d’être informés de la nature exacte des aménagements prévus. C’est un préalable à une véritable concertation », précise Capucine Vignault, l’une des représentantes du collectif.

« Ces contrats sont confidentiels. Mais leur contenu est connu de tous, car ils ne font que reprendre notre dossier de candidature », répond l’élu. Selon lui, aucun retour en arrière n’est envisageable. Il assure toutefois qu’aucun engagement ne porte sur la réalisation d’aménagements et que ceux-ci seront étudiés et validés démocratiquement, au cas par cas.

Des inquiétudes sur le plan économique et environnemental

« Nous ne sommes pas contre le tourisme, mais contre le passage à une industrie de masse », s’inquiète la militante, qui rappelle que la labellisation s’est accompagnée d’une augmentation de 20 à 80 % de la fréquentation sur les sites, comme Cordes-sur-Ciel, ayant déjà accompli cette démarche. Une préoccupation que Denis Ferté juge légitime, mais qu’il ne partage pas. « Notre vision est celle d’un tourisme lent, raisonné et familial. Nous ne craignons pas d’être débordés. Actuellement, les hébergements ne sont pas complets et, depuis deux ou trois ans, nous sommes en régression », défend-il.

« Nous sommes contre le passage à un tourisme de masse »

Un discours qui ne rassure pas les militants. Cette position étant, à leurs yeux, incompatible avec l’ambition affichée par Carole Delga, la présidente de Région, « d’installer l’Occitanie dans le top dix des destinations touristiques européennes ». « Il serait préférable de favoriser l’installation d’artisans et d’une agriculture paysanne qui garantissent une vie et une économie tout au long de l’année. Sinon, nous risquons de voir les résidents disparaître », avertit Capucine Vignault, qui dénonce également une aberration écologique. Des arguments que réfute Denis Ferté : « Cette labellisation s’accompagne d’un renforcement des dispositifs de protection du patrimoine et de l’environnement. Par ailleurs, nous menons des actions pour réserver des logements aux habitants permanents et lutter contre la spéculation. »

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