L’Occitanie a besoin de main-d’oeuvre

On manque de charpentiers, de menuisiers, de couvreurs. Les bras viennent désormais à faire défaut dans certains métiers de la construction, indique le dernier baromètre Pôle Emploi des besoins en main-d’œuvre en Occitanie. Des solutions existent pour faire correspondre l’offre et la demande, dans ce secteur qui sort d’une longue crise.

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C’est la faute à la reprise. Alors que depuis huit ans le BTP supprimait des emplois en Occitanie, cette année il pourrait embaucher plus de 10 000 ouvriers selon le baromètre régional de Pôle Emploi sur les besoins en main-d’œuvre. L’inversion de la courbe est spectaculaire pour ce secteur qui occupe une entreprise occitane sur cinq et 137 000 salariés, dont 60 000 artisans. À tel point qu’il est désormais celui où les employeurs ont le plus de difficultés à recruter. Dans le gros œuvre comme dans le second-oeuvre, du plâtrier aux maçons, les candidats manquent à l’appel. « Ce sont des métiers qui demandent de la technicité. Or, beaucoup d’ouvriers qualifiés ou d’artisans ont quitté le secteur lorsqu’il était en crise. Il va falloir retrouver ces publics-là. Il y aura un temps de décalage avant d’être en capacité de proposer à nouveau aux entreprises des compagnons qualifiés », explique Serge Lemaître, directeur régional de Pôle Emploi.

« Il faut redorer l’image des métiers manuels, on peut y faire des choses merveilleuses »

En attendant, dans certaines spécialités, le recrutement est jugé quasi impossible. Les couvreurs, les charpentiers du bois et du métal ou les menuisiers de l’aluminium sont les plus recherchés. Et les vocations ne sont pas suffisamment nombreuses : « Il faut redorer l’image des métiers manuels, faire comprendre aux jeunes qu’il ne s’agit pas de voies de garage et qu’on peut y faire des choses merveilleuses », lance Éric Amat, à la tête d’une entreprise plaisançoise de menuiserie alu-pvc sur-mesure. L’artisan suggère notamment que l’on revalorise les salaires dans sa profession – où l’on touche 1 700 euros net en fin de carrière – et que l’on continue de soutenir la formation. Depuis 32 ans qu’il emploie des apprentis, il se réjouit de voir leur niveau progresser, principalement grâce aux moyens investis dans le développement de ses centres de formation des apprentis (CFA).

La formation reste la meilleure solution pour adapter les demandes aux offres d’emploi, alors qu’un tiers des chômeurs occitans n’ont aucune qualification. Depuis octobre dernier, les 461 conseillers Pôle Emploi de la région vont aussi à la chasse aux compétences : « Quel que soit le domaine pour lequel le demandeur d’emploi s’est inscrit, on essaie de trouver chez lui des capacités pour un autre métier. Ce qui permet de multiplier les candidatures sur des secteurs, comme celui de la construction, dont on sait que les entreprises auront des difficultés à recruter. Et ça marche ! » constate le directeur de Pôle Emploi Occitanie. Le savoir-être et le comportement au travail des postulants sont aussi devenus des critères de sélection incontournable, pour lesquels des formations sont dispensées par l’organisme public, afin de livrer les codes de l’entreprise à ceux qui ne les connaissent pas. Tout est bon pour « éviter la double peine ». Dans une région qui enregistre un chômage de masse (10,5% de la population active, ndlr), il ne faut pas qu’en plus les employeurs aient du mal à embaucher », conclut Serge Le maître.

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