Fermeture de la ligne A du métro : le système D des Toulousains

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

 

PLAN B – En attendant la fin des travaux, le 20 août prochain, les Toulousains s’adaptent comme ils le peuvent. À pied, à vélo ou en voiture… Chacun trouve une alternative au métro.

Depuis la fermeture de la ligne A du métro, le 17 juillet, c’est la panique dans les transports. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu, mais il a fallu une petite semaine d’adaptation, même pour Tisséo qui a dû « recaler le dispositif de bus de substitution ». « Il y avait un déséquilibre sur la partie qui va du centre-ville à Balma, qui est davantage utilisée », explique Laurent Lieutaud, le directeur commercial. « On est donc passé à une fréquence d’un bus toutes les 4 minutes entre Marengo et Balma, au lieu d’un toutes les 6 minutes ». En plus, par manque de chance, « la circulation a été très compliquée sur l’axe de la route d’Agde. D’où le fait qu’il y avait beaucoup de monde dans les bus, qui ne pouvaient pas rouler très vite. »

Pas de métro, boulot, dodo

Mais en amont aussi, il y a eu quelques soucis et Maxime Brossard en a fait les frais. Malgré les 45 véhicules qui tournent en heure de pointe sur le tracé de la ligne 14 – contre la quinzaine habituelle -il est bien souvent rentré chez lui à pied, après avoir laissé passer plusieurs bus pleins à ras bord. « On n’est pas à Paris, je n’avais pas envie de m’entasser ». Jusqu’à présent, il prenait le bus à Esquirol pour aller chercher sa voiture garée à Patte d’Oie, « parce qu’il n’y a pas de place gratuite en centre-ville ». Il partait ensuite à son travail, aux Minimes. Entre la recherche de place, le soir, et les bus bondés, il s’est finalement reporté sur la ligne B de métro. Ce qui l’oblige à marcher un peu plus, mais Maxime entretient ainsi son cardio !

Les sportifs et les solidaires

Pour être en forme, il aurait pu aussi opter pour le vélo. Une solution plébiscitée par les Toulousains qui se sont rués sur les bicyclettes d’occasions. La Maison du Vélo « a été dévalisée » assure ainsi Florent, coordinateur des activités location et atelier de l’association.« En ce moment, dès que le mécano en répare un, il est vendu avant d’être terminé. » Et, faute de vélo bon marché, certains font retaper leurs vieilles bicyclettes ou louent des deux-roues pour 6 euros la semaine ou 12 euros le mois.

Et pour les autres, il y a toujours le covoiturage. La plateforme Coovia a anticipé l’arrêt de la ligne A en lançant une offre gratuite pour les passagers du 17 juillet jusqu’à la fin des travaux, le 20 août. Une idée qui a du succès. Un peu trop même : « Énormément de gens se sont inscrits depuis le 17 juillet », explique Philippe, le community manager de l’agence. « On a au moins doublé le nombre de passagers par rapport à d’habitude, mais on souhaite qu’il y ait plus de conducteurs qui s’inscrivent pour faire jouer la solidarité. » Les désagréments dans les transports en commun la semaine dernière convaincront peut-être quelques automobilistes d’ouvrir leurs portières aux voyageurs en détresse.

Ça ira mieux demain

Et si personne ne veut vous prendre en stop, rassurez-vous, ça devrait aller mieux sur le réseau Tisséo. « On savait que la première semaine serait compliquée, car c’est là qu’il y avait le plus de monde », commente Laurent Lieutaud, statistiques à l’appui. « Mais nos services, comme les voyageurs, ont pris leurs marques et ça ira de mieux en mieux jusqu’au 15 août. » À partir de là, il ne restera plus que cinq jours à tenir avant la réouverture de la ligne A. Puis, les travaux reprendront l’été prochain… Et encore l’été d’après.

Michael Ducousso

 

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