Plan Marshall pour l’emploi : « le BTP permet de toucher un maximum de secteurs »

Béatrice Négrier ©Antoine Darnaud ok

Investissements. « L’emploi est la première de mes priorités », avait déclaré Carole Delga, présidente de la région. Suite à cette annonce, un plan Marshall, essentiellement tourné vers le BTP, a été lancé. Béatrice Négrier, vice-présidente en charge de l’emploi, explique les choix stratégiques de la collectivité.

 

Béatrice Négrier, la présidente de région a annoncé son plan Marshall pour l’emploi. En quoi consiste-t-il ?

Il s’agit d’une grande programmation d’investissements pour toute la grande région, à hauteur de 800 millions d’euros, qui permet de soutenir les entreprises du bâtiment et des travaux publics tout en offrant des infrastructures nouvelles à nos concitoyens. Ainsi, nous accompagnerons les opérations publiques mais aussi privées par des soutiens aux investissements des collectivités territoriales, mais aussi aux particuliers qui souhaitent réaliser des travaux en vue d’économies d’énergie…

 

Une enveloppe de 800 millions d’euros a donc été annoncée. Comment va-t-elle être utilisée ?

D’abord, de grands projets vont être accélérés comme les infrastructures routières, ferroviaires, la construction et la rénovation de lycées et la multiplication des chèques éco-énergie attribués pour tous les travaux d’isolation. Ce plan ouvre beaucoup de perspectives diverses qui concernent aussi bien des entreprises de travaux publics que des artisans, aussi bien en milieu rural ou hyperrural qu’en milieu urbain.

 

Pourquoi ne s’être cantonné qu’à un seul secteur d’activité, celui du bâtiment ?

Quand le bâtiment va, tout va ! Il ne s’agit pas que d’un adage, c’est la réalité car il irrigue tout le territoire et les retombées sont visibles sur de nombreux autres secteurs. Quand les entreprises du bâtiment, du second œuvre se portent bien, c’est toute une économie qui en profite. De plus, le BTP a beaucoup souffert ces dernières années, c’est le secteur le plus sinistré, qui dépend énormément des commandes publiques, et pour lequel nous disposons de réels leviers en relançant de grands chantiers. Prenons un exemple concret : à Saint-Chély d’Apcher, en Lozère, 5 millions d’euros seront investis pour des ateliers d’électroplastie au lycée Roussel. Automatiquement, cela génère des créations d’emplois puisque les entreprises locales pourront répondre aux appels d’offres. Une dynamique se créée, un secteur en entraînant un autre. De plus, l’investissement privé reste souvent en attente des actions publiques, nous attendons donc un effet de levier.

 

« Au budget primitif de 2016, 482 millions d’euros sont programmés »

 

De quelle façon ce plan prend-il en compte les spécificités des PME et TPE ?

Le secteur de la construction est l’un des principaux secteurs de l’économie régionale. Il représente environ 20% du tissu des établissements de la région, dont plus de 90% de TPE, et près de 137 000 salariés, dont un peu moins de 60 000 dans le secteur de l’artisanat. Ainsi, par des avances de trésorerie, par des arbitrages budgétaires qui assureront une pérennité des travaux, par l’allotissement, le découpage des appels d’offres, nous permettrons aux entreprises modestes de répondre aux appels d’offres.

 

Est-il prévu un élargissement du plan à d’autres secteurs d’activité ?

De nombreux secteurs vont être dopés par ce seul programme dédié au bâtiment. Ce plan est donc, d’ores et déjà, global. Par exemple, le secteur de l’eau sera impacté par le programme Aqua Domitia qui consiste à financer de l’irrigation, de même que le secteur de l’agriculture, des transports et de la logistique. Même le sanitaire et social bénéficiera de ce plan puisque des investissements sont prévus sur des écoles d’infirmières. Cela leur permettra d’accueillir plus d’élèves et donc le secteur d’activité s’en trouvera dopé. De même, il ne faut pas penser qu’aux entreprises du bâtiment stricto sensu, mais aussi aux carriers, aux fournisseurs de matériaux, aux géomètres, aux cabinets d’études… Dédier ce plan au BTP est le meilleur choix pour toucher le maximum de secteurs, y compris le tertiaire.

 

Carole Delga a également rencontré le secteur bancaire. Quel était son message ?

Le but était de leur demander de faciliter la vie des entreprises et leur accès à l’emprunt. Les banques doivent être partie prenante dans ce plan Marshall.

 

Ce plan doit-il servir à pérenniser les emplois existants ou à en créer ?

Les deux. Dans un premier temps, il doit aider à soutenir les carnets de commandes des entreprises, à stabiliser un secteur fragile et dans un second temps, nous assisterons à un redémarrage de tout un pan de l’économie qui créera des emplois à moyen terme. Quand Carole Delga a rencontré les professionnels, elle a stipulé que son plan prévoirait des bonus sur les appels d’offres pour les entreprises qui intègreraient des demandeurs d’emploi, des apprentis… Nous y serons vigilants.

 

Quel est le calendrier de ce plan ?

Nous allons voter le budget au mois de mai mais, dès aujourd’hui, 3 millions d’euros sont programmés sur l’aéroport de Carcassonne, des constructions de lycées neufs et de nombreuses rénovations d’établissements scolaires diverses, d’équipements culturels et sportifs… Au budget primitif de 2016, 482 millions d’euros sont programmés et 378 millions supplémentaires seront alloués à des projets financés par des tiers tels les communautés de communes, les villes ou les départements.

 

Il est question de dégager 800 millions supplémentaires sur l’année 2017 ?

Je laisse le soin à Carole Delga d’annoncer la suite de ce plan, mais il est évident qu’il sera engagé sur plusieurs exercices budgétaires.

 

 

 

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