Pénurie de pédiatres en France

On estime que d’ici 2017 la moitié des pédiatres aura disparu dans l’Hexagone, en raison de départs à la retraite. Une pénurie à laquelle Toulouse ne devrait pas échapper. L’AFPA a déposé une pétition au ministère de la Santé.

 
C’est un véritable paradoxe français de plus : alors que la natalité est une des plus importantes d’Europe, le nombre de pédiatres est en constante diminution. Selon l’AFPA (association des pédiatres ambulatoires) le nombre de pédiatres en France devient très critique jusqu’à poser un problème de pénurie dans certains départements. Toujours selon l’AFPA la France compte 2 500 pédiatres c’est-à-dire un pour 6 000 enfants, la moyenne la plus faible d’Europe (globalement trois fois moins que dans les autres pays, six fois moins même qu’en Italie) La présidente de cette association, Catherine salinier, explique que le numerus clausus actuel est de 280 pédiatres par an alors qu’il devrait être d’au moins 600 pédiatres. Ce numerus clausus, maintenu malgré tout par l’Etat montre à l’évidence une volonté d’en finir avec la pédiatrie ambulatoire, comme il en a été de même pour la gynécologie médicale. On peut se demander par quoi est guidée cette volonté. Peut être que cela est dû au fait que «l’enfant est moins bien considéré que d’autres problèmes de santé, il va bien en théorie». Pourtant, «de nouvelles vulnérabilités émergent», notamment psychologiques, comme la dépression, l’hyperactivité, ou encore l’obésité. Les enfants malades seront soignés bien sûr par les médecins généralistes, mais la Présidente de l’AFPA rappelle que «L’enfant n’est pas un adulte en miniature. La médecine infantile est complexe et le suivi de l’enfant en croissance, de sa naissance à son adolescence réclame des compétences spécifiques.» La pédiatrie est une spécialité à part entière, le travail de prévention effectué par les pédiatres est irremplaçable. Supprimer la pédiatrie de ville serait un très mauvais coup donné à la santé tout entière. A échéance 2017, la moitié des pédiatres aura disparu du fait de la retraite en particulier. Le numerus clausus actuel ne permet même pas de répondre au remplacement des pédiatres hospitaliers.

Qu’en est-il à Toulouse et sa région ?

Très dynamique au rang des naissances (14 930 en 2010 à Toulouse), la Haute-Garonne n’échappe pas à la pénurie de pédiatres. Les cabinets de médecins spécialistes de l’enfant ferment au rythme des départs en retraite. Selon le conseil national de l’ordre des médecins, on compterait 188 pédiatres dans le département au 1er janvier 2010, essentiellement dans les services hospitaliers, établissements de santé ou services communautaires. «Nous sommes mieux lotis que certaines zones mais ces chiffres cachent une situation très défavorable à court terme. Nous avons un très gros CHU avec beaucoup de pédiatres de qualité mais de nombreux cabinets de ville ont fermé. Un grand nombre de pédiatres sont proches de la retraite et ne trouvent pas de repreneurs», souligne Jacques Claverie, pédiatre toulousain en exercice depuis 30 ans, élu au conseil départemental de l’ordre des médecins. À Toulouse des cabinets ont fermé à Rangueil, Arnaud-Bernard, Saint-Cyprien. Colomiers, la deuxième ville du département, est passée de cinq à trois pédiatres en un an et demi et sur les trois restants, deux sont en âge de prendre leur retraite. Le problème est encore plus grave pour les départements de Midi Pyrénées, tels que le Gers, le Tarn, l’Ariège, le lot même où il n’y a déjà plus de pédiatres.

 


Une pétition au ministère de la santé.

Tout récemment, ce sont 135 000 signatures qui ont été déposées par l’AFPA au ministère de la santé, pétition demandant en priorité que la pédiatrie ne soit pas une spécialité qui disparaisse. Cette pétition a été portée par un collectif de pédiatres, accompagné d’enfants et soutenus par Mathieu Chedid et Romane Bohringer tous deux parents et très sensibilisés à l’importance de faire suivre son enfant par un spécialiste. Ils sont convaincus et font savoir que le rôle des pédiatres est indispensable à la santé en France. Espérons qu’ils seront entendus. Vous pouvez retrouver cette pétition sur le site www.afpa.org.

Patrick Crasnier


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