lundi 25 octobre 2021

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Lozère. Une mairie bloquée par ses habitants qui réclament la démission de leur maire

Depuis le mardi 8 juin, un collectif d’habitants de Saint-Etienne-Vallée-Française bloque la mairie du village. Ils demandent la démission de leur maire. Une décision est attendue cette semaine, car cette situation met en péril la tenue des élections prévues ce dimanche.

UN collectif d'havitants bloque la mairie de Saint-Etienne-Vallée-Française depuis une semaine.
Un collectif d’habitants bloque la mairie de Saint-Etienne-Vallée-Française depuis une semaine.

« Nous sommes obligés d’en venir à la désobéissance civile, cela ne nous réjouit pas » déclare Mélanie Draussin-Philip, membre du collectif d’habitants qui bloque l’accès à la mairie de Saint-Etienne-Vallée-Française. Ce petit village de 500 habitants dans les Cévennes est paralysé depuis le mardi 8 juin. « Cela fait un moment que les habitants ne sont pas contents, le collectif a même été créé en décembre 2020 », explique la membre de ce dernier.

La bascule. Le 14 avril, le Conseil municipal se réunit pour voter le budget. « Nous avons décidé de ne pas voter ce budget, car il était tout simplement aberrant, » raconte la première adjointe au maire, Audrey Molis. Sur les quatorze élus, neuf ont rejeté le budget. Le maire, Patrick Berno, se retrouve alors en minorité.

Un échec, comme élément déclencheur

Une scission entre le maire et le Conseil municipal qui serait parti de la non-élection de Patrick Berno à la tête de la communauté de communes. « Il me tient pour responsable de sa non-élection (perdu 15-13), parce qu’il pense que je n’ai pas voté pour lui. C’est vrai que j’avais exprimé mes réticences à ce sujet, mais j’ai quand même voté pour lui à cette élection. Il n’a pas supporté cette défaite », assure la première adjointe.

C’est alors que le maire aurait commencé à agir seul et a écarté les conseillers municipaux des décisions à en croire le collectif et les élus de l’opposition. Pourtant le Conseil municipal a tout essayé pour l’en empêcher. « Nous avons alerté les services préfectoraux, nous lui avons adressé un blâme et retiré ses délégations en décembre 2020. Mais le maire a continué à verrouiller et à faire les choses tout seul. Par exemple, nous (élus) sommes obligés de faire des demandes écrites pour pouvoir consulter des dossiers, » s’insurge Audrey Molis. Une accusation dont Patrick Berno se défend : « Les gens se montent un peu la tête entre eux et commencent à croire certaines choses. J’ai dû prendre certaines décisions seul, c’est vrai, mais cela fait partie du rôle de maire ».

« Le maire a ensuite été absent pendant quinze jours pour raisons médicales, donc en tant que première adjointe, j’ai pris l’intérim. J’ai demandé un Conseil municipal le 28 mai pour faire avancer les projets. Mais en apprenant cela le maire est revenu juste pour l’annuler », explique Audrey Molis. C’est la décision de trop. Celle qui a entraîné le début du blocage.

Une semaine de blocage et aucune discussion

« On a acté le blocage de la mairie en la cadenassant le mardi 8 juin. Au début, nous étions une trentaine et aujourd’hui nous sommes plus de 120 personnes. On se relaie à 4-5 personnes le soir et la journée on est plus d’une quarantaine. On fait des actions de nettoyage, on a débroussaillé le lavoir, on a ouvert la bibliothèque, on a lancé une cagnotte collective pour s’acheter une plancha et faire des grillades, on fait des parties de pétanque… Le tout se passe dans la bonne ambiance et la convivialité », raconte Mélanie Draussin-Philip.

Les membres du collectif réunis une après-midi devant la mairie.
Les membres du collectif réunis une après-midi devant la mairie.

Durant cette semaine de blocage, le collectif regrette que le maire ne soit pas venu leur parler. « C’est une situation extrêmement difficile pour moi, je la vis avec beaucoup de tristesse, il y avait d’autres moyens d’échange que de bloquer la mairie. Mais je suis prêt à parler avec tout le monde, mais pas dans une démarche agressive et injurieuse comme cela a été le cas. J’ai également une condition préalable, c’est que l’on enlève le cadenas et qu’on rétablisse le service public », réagit le maire.

Quelles solutions ?

Le collectif du village tout comme les élus de l’opposition souhaite la démission du maire pour mener rapidement les dossiers urgents. De son côté, Patrick Berno souhaite une démission collective du Conseil municipal, décision qui entraînerait une nouvelle élection en septembre prochain. « Nous ne voulons pas de cette option, car cela ferait trois mois de plus de paralysie pour la commune, mais aussi pour la communauté de communes », souligne Audrey Molis.

Parmi les dossiers urgents, il y a celui du collège Achille Rousson. En effet, une section sportive et équestre a été créée, mais pour finaliser ce projet, un manège doit être construit pour permettre cette pratique aussi bien l’été que l’hiver. « C’était un dossier clé en main puisque le projet avait été porté par l’ancien maire. Monsieur Berno avait juste à acheter le terrain pour faire construire le manège, mais le projet n’a pas avancé depuis un an maintenant », souligne sa première adjointe. Le maire se défend : « Pour le centre équestre, je subis un blocage graduel depuis des mois, et ensuite on m’a rejeté le budget. Et lorsque l’on rejette le budget, c’est terminé, on ne peut plus rien faire ».

Mélanie Draussin-Philip conclut : « On veut une discussion et que quelque chose d’officiel soit acté cette semaine et on remballe tout. On propose même notre aide à la secrétaire de mairie pour que les élections aient lieu ce dimanche. Peu importe la décision, si elle a lieu après une discussion, on la respectera ».

 

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